Sparking a Worldwide Energy Revolution: Social Struggles in the Transition to a Post-petrol World

Sparking a Worldwide Energy Revolution: Social Struggles in the Transition to a Post-petrol World, Édité par Kolya Abramsky, AK Press 2010.

Pas facile de s’y retrouver dans ces près de 700 pages où on compte 59 textes différents d’auteurs d’horizons très variés. Mais si, à première vue, l’ensemble paraît nécessairement, au rythme où vont les choses !, un petit peu daté et surtout trop hétéroclite ( le recueil mélange textes d’universitaires, de militants, d’ONG et même d’un homme d’État (!) et autant de l’information, que de la théorie, de la protestation que des considérations de circonstance), l’éditeur, Kolya Abramsky parvient finalement à bien dégager les lignes de force qui lui tiennent à coeur. On tachera au fil du sommaire d’en donner ici un aperçu…

Dans son introduction,  » Racing to Save the Economy or the Planet. Capitalist or Post-capitalist Transition to a Post-petrol World » il précise d’emblée l’espoir qu’il met dans les luttes et initiatives entourant partout sur la planète la « transition énergétique » :  » Le processus de construction d’un nouveau système énergétique, basé sur un usage grandement élargi des énergies renouvelables, peut potentiellement être une contribution importante à la construction de nouveaux rapports de production, d’échange et de reproduction qui soient basés sur la solidarité, la diversité et l’autonomie et soient substantiellement plus démocratiques et égalitaires que les rapports actuels. De surcroît, la construction de tels rapports sera probablement nécessaire pour éviter les « solutions désastreuses » qu’annoncent les multiples et interagissantes crises politiques, financières et économiques. » Pourtant, comme il le reconnait peu après :  » La production et la distribution de l’énergie jouent un rôle central dans la détermination des rapports humains. Chaque forme d’énergie suppose une organisation particulière du travail et de la division du travail (et ce, en général et dans le secteur de l’énergie en particulier). Les plus importantes transformations sociales, économiques, culturelles, politiques et technologiques dans l’histoire ont été associées à des tournants dans la production de l’énergie : de la chasse et la cueillette à l’agriculture, de l’énergie humaine et animale pour le transport et la production au vent et à la machine à vapeur, du charbon au pétrole et à la fission nucléaire comme moteurs de l’industrie et de la guerre. Toutes ces transformations ont mené à un accroissement de la concentration du pouvoir et de la richesse. Et il existe la possibilité bien réelle que les transformations à venir dans le système énergétique mondiale résultent en de similaires évolutions des rapports de pouvoir. » L’issue lui paraît pourtant nettement ouverte, et ce tout d’abord parce que dans ce domaine, comme dans d’autres, l’inexorable et l’unilatéral ne sont que des faux-semblants :  » L’énergie a deux fonctions jumelles et contradictoires. D’un côté, l’énergie est une marchandise hautement profitable pour la production et l’échange sur le marché mondial et une matière première essentielle dans la production et la circulation des autres marchandises. Et d’un autre côté, elle est fondamentale à la vie et à la subsistance humaine. De ce fait, l’énergie est un lieu important de conflits et de luttes continus, l’un des aspects centraux de ces luttes étant la tension perpétuelle entre l’énergie comme marchandise à vendre et l’énergie comme moyen de subsistance. Les luttes pour le contrôle de l’énergie (…) ont eu un impact crucial sur le développement historique du capitalisme comme ensemble global de rapports sociaux. »

Donc pour Abramsky : « Nous connaissons actuellement les premières étapes de ce qui sera certainement une lutte longue et complexe pour déterminer si le capital parviendra avec succès à forcer le travail ( c’est à dire les gens à travers le monde de même que l’environnement lui-même que le capitalisme vert prétend vouloir sauver) à supporter le coût de la construction du nouveau régime énergétique ou si le travail ( c’est à dire les luttes sociales et écologiques de par le monde) sera en mesure de forcer le capital à en faire les frais. Cette lutte est d’ores et déjà devenue centrale dans la détermination des rapports sociaux et va probablement le devenir d’autant plus dans les années à venir. » Les mésaventures françaises récentes de la taxe carbone peuvent sembler effectivement lui donner raison…. En tout cas dans la veine de Caffentzis et, comme l’illustre bien le recueil, il y a, selon lui, la possibilité d’une convergence mondiale autour de ces luttes sur l’énergie autant entre les travailleurs du secteur, tous ceux affectés par ses restructurations dans les pays riches comme pauvres que les communautés tribales ou paysannes victimes des diverses déprédations extractivistes. Voeu pieux ? Peut-être, mais certes plus stimulant que les unions sacrées, méta-solutions technocratiques, plans quinquennaux, communismes de guerre etc, etc qui tiennent en général le crachoir sur le sujet. D’ailleurs Abramsky donne une précision utile à la fin de son introduction : « l’expérience des régimes énergétiques renouvelables capitalistes du passé viennent nous rappeler que les rapports de production, basés sur les enclosures et l’exploitation, ne sont pas exclusivement associés aux énergies fossiles ou nucléaires. Il n’y a rien d’automatiquement émancipateur dans les énergies renouvelables. »

La section intermédiaire qui succède à l’introduction, le recueil reproduisant deux textes de George Caffentzis que nous avons évoqué dans le post consacré à ses écrits sur l’énergie, nous n’y revenons pas. La première section intitulée « Up against the Limits: Energy, Work, Nature, and Social Struggles » s’ouvre sur cette présentation :  » Cette section explore le rôle de l’énergie dans le maintien et la reproduction des rapports de classe et de genre, les rapports de production et de reproduction. L’énergie est un substitut au et un amplificateur du travail humain. Cela signifie que l’énergie et les rapports humains sont intimement entremêlés, l’énergie jouant un rôle central dans la division capitaliste du travail en général. Néanmoins, le secteur de l’énergie a lui même sa propre division spécifique du travail. Par conséquent, le système énergétique est loin d’être homogène. Il est parcouru par des hiérarchies, des inégalités et des luttes. Il existe en particulier des luttes majeures concernant la propriété, les conditions de travail, l’accès à l’énergie et la fixation du prix et des conflits écologiques et sur l’appropriation des terres ainsi qu’en terme de détermination des rapports de genre. (…) Un des aspects majeurs de la restructuration en cours du secteur ce sont les luttes contre la privatisation qui cherchent à développer différentes formes de propriété commune, collective, coopérative ou publique des ressources et infrastructures énergétiques. Ces luttes sont aussi fréquemment liées aux luttes concernant l’accès et le prix de l’énergie. (…) Il s’agit d’une lutte mondiale portant sur la marchandisation des ressources énergétiques en tant que telles et le degré de leur marchandisation. » Précisons que le « courant » fondé par Caffentzis, Federici, Linebaugh, etc et dont Abramsky provient, parle des « nouvelles enclosures » et des « communs » depuis la fin des années 80 c’est à dire bien avant que le terme soit mis à toutes les sauces par les diverses branches de la gauche hexagonale….

Dans le premier texte de cette première section, « Machinery and Motive Power: Energy as a Substitute for and Enhancer of Human Labor », Tom Keefer donne sa version de la crise : » L’introduction et la mise en oeuvre du machinisme est fondamentalement liée à la lutte de classe et à l’extraction de survaleur. Sous le capitalisme, la technologie n’est pas une force neutre se développant spontanément selon ses propres règles mais un moyen par lequel les capitaux individuels peuvent surpasser leurs rivaux et un outil grâce auquel le capital dans son ensemble peut maintenir son contrôle sur la classe ouvrière. Certaines innovations technologiques peuvent résulter en la disparition de secteurs entiers d’industrie ( comme cela se produisait déjà à l’époque de Marx), mais le processus global reste celui de l’intégration de toujours plus de travailleurs dans le rapport salarial alors même que la technologie de la production capitaliste avance implacablement. Ce processus a toutefois un talon d’Achille, c’est à dire la quantité limitée d’énergie fossile disponible sur la planète et les limites thermodynamiques affectant toutes les formes d’appropriations d’énergie nécessaires pour faire fonctionner les machines.  » Le texte suivant de Abramsky encore, « Energy, Work, and Social Reproduction in the World-economy », est plus précis. Après avoir rappelé qu’une fois l’énergie marchandisée, son prix joue un rôle central dans la reproduction sociale, il note : » Le XXe siècle, particulièrement après la seconde guerre mondiale, a vu le « travail cher » et « l’énergie bon marché » marcher main dans la main. Cela a été un facteur essentiel dans la prévention et l’endiguement de la lutte de classe de par le monde, particulièrement aux États-Unis, où cela constituait un élément central de l’hégémonie américaine. Désormais qu’un tournant majeur global dans l’énergie va se produire, la question n’est plus si tournant il y aura mais de quel type il sera, basé sur quelles technologies ? Comment les changements dans le secteur de l’énergie vont affecter le rapport entre le capital et le travail et entre les formes de travail payé et non payé ? Alors que les sources d’énergie deviennent plus couteuses ( en termes monétaires, sociaux, politiques et écologiques) il y aura probablement un effort correspondant de la part du capital pour faire baisser le cout du travail ( pas seulement en terme de réduction des salaires mais aussi concernant les autres couts du travail et particulièrement faire porter le fardeau de la reproduction de la force de travail mondiale au travail non payé, principalement féminin). (…) Les conflits seront probablement particulièrement aigües aux USA, où la hausse du cout du travail a pu être partiellement empêchée grâce à l’énergie bon marché. La stratégie jumelle soulignée plus haut a converti de larges secteurs de la classe ouvrière à la sur-consommation d’énergie. De ce fait, les travailleurs américains sont incroyablement vulnérables aux changements massifs qui sont en train de se produire dans le système énergétique mondial. »

Peter Podder dans « A Shortage of Oil to Save Our Climate? On the Permanent Oil Crisis, Peak Oil and the Interaction Between the Two » souligne également une autre interaction spécifiquement américaine, c’est l’interdépendance du système monétaire avec le marché du pétrole puisque le pétrole a en quelque sorte remplacé l’étalon-or,  » le pétrole étant échangé en dollar, il y a eu besoin continu et croissant de dollars. Cela a permis à la réserve fédérale de continuer à faire tourner la machine à billets et donc à l’État américain de continuer à dépenser. » Podder souligne également le lien étroit et inverse qu’il y a dans la société américaine entre les prix de l’énergie et le taux d’endettement des ménages. Notons aussi que cet auteur décrit aussi plutôt habilement une des interactions entre changement climatique et hausse des coûts de l’énergie, avec les gazoducs russes rendus inutilisables par la disparition du permafrost, les ravages à répétition des ouragans sur les plates-formes off-shore et les effets dévastateur des inondations et glissement de terrain sur les mines de charbon en Chine et ailleurs… On trouve sinon dans le reste de cette première section des pronostics assez vains sur le Peak Oil et d’ailleurs le « Peak d’à peu près tout » ( Peak Everything ), quelques panoramas régionaux convenus mais aussi un bon compte-rendu, certes un peu daté désormais, des luttes contre la privatisation de l’électricité dans le monde, deux textes intéressants sur une nouvelle forme de « bargaining anti-extractiviste » au Nigeria comme en Équateur c’est à dire l’appel à laisser les hydrocarbures dans le sol en échange de compensations de la communauté internationale et enfin un très éclairant récit des luttes contre la privatisation de l’électricité en Afrique du Sud, « Community Resistance to Energy Privatization in South Africa » de Patrick Bond et Trevor Ngwane. Les deux auteurs rappellent tout d’abord que l’électricité fut un enjeu central des luttes anti-apartheid, avec certes des sabotages de pylônes dés les années 60 par l’ANC mais surtout la lutte constante pour obtenir le raccordement au réseau des communautés noires puis le boycott du paiement des factures dans les Townships dans les années 80. La fin de l’apartheid et le tournant néo-libéral de l’ANC n’a en rien émoussé la combativité des populations autour de cet enjeu, avec notamment la formation en 2000 du SECC ( Soweto Electricity Crisis Committee) qui en menant l’opération Khanysia ( allumer la lumière) a permis de contourner la vague de coupures initiée par la compagnie nationale Eskom, en rétablissant, grâce à des électriciens informels formés par ses soins, le courant à plus de trois mille personnes tout en allant effectuer quelques coupures sauvages chez les pontes et politiciens impliqués. Lorsque la police a voulu effectuer des interpellations, ce sont plus de 500 personnes qui se sont rendues au commissariat pour se constituer prisonnier. Eskom abandonna alors ses velléités de coupures.

La seconde section de livre, « From Petrol to Renewable Energies: Socially Progressive Efforts at Transition Within the Context of Existing Global Political and Economic Relations », veut illustrer comment « certaines expériences autour des énergies renouvelables ont débouché simultanément sur un haut niveau de production d’énergie et une plus grande autonomie communautaire et souveraineté énergétique, du moins au niveau local. » Pour l’éditeur du recueil :  » il est crucial de comprendre ces « success stories », dans le contexte où elles ont émergé, afin de défendre leurs acquis ( de plus en plus menacés) et s’assurer que l’expérience gagnée soit exploitée avec succès par un projet de transition émancipateur plutôt qu’elle finisse écrasée avant même de pouvoir être partagée et qu’elle soit co-optée pour d’autres objectifs. » Louable intention qu’illustre de façon moins convaincante les récits successifs de « success stories » qu’on a l’impression d’avoir déjà lu cent fois sur le financement coopératif de l’éolien au Danemark ou en Allemagne, les miracles énergétiques accomplis par le « socialisme de pénurie » cubain ou les expérimentations avec la technologie du biogaz en Inde

La troisième section, « Struggles Over the Choice of Future Energy Sources and Technologies », « explore la question controversée des choix appropriés concernant les sources d’énergie et les technologies et les luttes qui l’entourent. » C’est à dire les tentatives du secteur des énergies fossiles de se perpétuer au détriment d’un secteur des renouvelables encore trop « timoré » selon Abramsky. Si effectivement on ne voit pas pourquoi, encore aujourd’hui, malgré le quasi consensus capitalo-étatiste mondial sur la transition énergétique, les majors, leurs actionnaires et les diverses pétro/nucléaro/carbono/-craties du monde (et leurs employés et obligés !) accepteraient de se rendre sans combattre par tous les moyens à leur disposition, il est toutefois peu probable que le triomphe des uns sur les autres soit porteur d’autre chose que du même, mais en plus durable. Cette section présente néanmoins d’intéressantes études de cas sur les sables bitumeux au Canada (« The Smell of Money: Alberta’s Tar Sands »), la tortueuse politique nucléaire, civile mais aussi, on le sait moins, militaire, japonaise (« Japan as a Plutonium Superpower »), le charbon en Chine ( « Bone and Blood: the Price of Coal in China » par le China Labour Bulletin), les agro-carburants au Brésil (« Brazil as an Emergent Power Giant: the “Ethanol Alliance ») et au niveau global (« Global Fuel Crops as Dispossession » de Les Levidow et Helena Paul qui souhaite relier « deux perspectives théoriques : le marché des agro-carburants comme réseau intégré globalement et l’ accumulation par dépossession. En liant ces deux perspectives, les marchés peuvent être saisis comme intégrant les États dans le réseau du capital global, ce qui réduit leurs capacités et volontés de protéger les modes de vie et environnements locaux, particulièrement dans le sud global. Les élites politiques et économiques satisfont aux demandes des forces globales pour déposséder les communautés de leurs ressources. »), sans oublier quelques « peaks » pour la route ( uranium et charbon cette fois-ci… on ne sait plus qui épuise qui à seriner ainsi l’épuisement !)…
La quatrième section « Possible Futures: The Emerging Struggle for Control of the Globally Expanding Renewable Energy Sector and the Roads Ahead » s’ouvre sur cette présentation : » La production et la consommation d’énergie sont sur le point de devenir absolument centraux dans les dynamiques politiques, économiques et financières globales. Les changements dans le secteur de l’énergie seront indissociables des voies choisies pour sortir de la crise économico-financière globale, et ce processus devient de plus en plus conflictuel. Le conflit existe. Il ne peut être annulé comme par enchantement. Ce n’est pas le moment de rester neutre car il faut construire collectivement un réalignement des forces. (…) Il est certain que le secteur des énergies renouvelables en général, et l’éolien en particulier, vont connaître une croissance globale massive et rapide dans les années qui viennent. Une lutte mondiale sur la façon dont cette croissance va se dérouler, et où et comment ses fruits seront distribués est en train de s’intensifier. Les questions de la propriété et du contrôle deviennent centrales, comme les sont les conflits du travail sur les lieux de production des infrastructures et des matières premières. Les conflits territoriaux dans les zones rurales riches en énergie renouvelables seront aussi cruciaux. Un conflit politique s’ouvre pour savoir qui détiendra les savoir et qui recevra la formation pour utiliser les énergies renouvelables et selon quels termes et pour quel but. Le résultat de ces luttes déterminera quel type de transition va se dérouler, sa profondeur et son rythme. Alors que le capitalisme vert semble ouvrir la voie à un nouveau cycle d’accumulation globale, les technologies vertes vont devenir un lieu important de lutte de classe et seront au coeur de la tentative d’imposer un nouveau compromis global aux travailleurs, payés ou non payés, à travers le monde. »

L’inconvénient c’est que les textes de cette section ont bien du mal à donner chair à cette hypothèse. Ainsi « Denmark: Politically Induced Paralysis in Wind Power’s Homeland and Industrial Hub » de Preben Maegaard qui décrit le très prévisible démantèlement de l’éolien coopératif dés lors que le secteur fut libéralisé en 1998, avec une frénésie d’OPA, une course au gigantisme et finalement le retournement de la société danoise contre cette énergie. Par de surprise non plus avec « The Situation of Employees in the Wind Power Sector in German » écrit par un syndicaliste d’IG Metall qui nous apprend que les employés du secteur connaisse une situation en tout point équivalente à celle des divers précariats. Cette section reproduit d’ailleurs de nombreux textes syndicalistes, politiques ( l’incontournable Evo Morales du temps où tous les chemins menaient à La Paz) ou d’ONG sans grand intérêt, même documentaire. Citons tout de même « Fighting the enclosure of Wind: Indigenous Resistance to the Privatization of the Wind Resource in Southern Mexico » de Sergio Oceransky qui raconte une lutte dans l’État de Oaxaca : « Les communautés indigènes de la côte pacifique de l’isthme de Tehuantepec sont en première ligne d’un champ de bataille global émergent qui va déterminer, dans une large mesure, les conséquences sociales et écologiques de la transition vers les énergies vertes. Cette région généreuse et rebelle offre la possibilité de comprendre la nature et les caractéristiques d’une situation qui va probablement devenir de plus en plus courante dans les décennies à venir : le conflit entre des firmes essayant d’obtenir l’accès exclusif à des territoires riches en énergies renouvelable et des communautés affirmant leur contrôle sur leur terre et défendant leurs ressources et modes de vie. Le conflit à Tehuantepec résulte du fait que cette région est doté de parmi les meilleurs ressources éoliennes au monde. Grace à cet excellent vent, il est moins cher pour les entreprises de générer directement de l’énergie éolienne que de l’acheter au réseau. Cela a provoqué une « ruée sur le vent »dans laquelle plusieurs consortiums formés par des entreprises mexicaines et étrangères ont tenté de s’assurer des droits exclusifs sur la région. » Le même auteur signe également » The Yansa Group: Renewable Energy as a Common Resource », qui décrit un projet international visant à permettre aux communautés rurales de par le monde de générer et contrôler elles-mêmes leur énergie. Texte que précédait un autre sur l’installation d’éoliennes dans les zones « sous contrôle zapatiste » au Mexique toujours. Étrangement placé au milieu de ce tableau convenu de luttes et d’alternatives « From World Economic Crisis to Green Capitalism »de Tadzio Mueller and Alexis Passadakis considère que « la biocrise ( ?) est une opportunité qui pourrait permettre au capital et aux gouvernments de pouvoir faire face au moins temporairement à leurs crises d’accumulation et de légitimation. Comment ? En internalisant l’antagonisme qui se trouve au coeur de la biocrise- celui entre vie humaine et capital- pour déployer un nouveau round d’une accumulation supposément verte et comme instrument de légitimation pour étendre l’autorité de l’État dans les moindres recoins de la vie quotidienne. »

Dans sa longue conclusion, « Sparking an Energy Revolution: Building New Relations of Production, Exchange and Livelihood », Kolya Abramsky rappelle le fondement de cet ambitieux projet : » Ce livre a cherché à montrer que le processus de construction d’un nouveau système énergétique, basé sur une large part, voire même 100%, d’énergie renouvelable n’est une question technique mais profondément politique et sociale. Une transition accélérée ne va pas se produire inévitablement mais via des choix et des activités collectifs et délibérés des humains. Les nombreux chapitres de ce livre, écrits par un large spectre d’acteurs du secteur énergétique global, ont posé cette question cruciale : qui va amener cette transition et ccomment ? De façon importante, une transition ne suppose pas simplement la victoire des bonnes idées sur les mauvaises, mais plutôt un nombre massif de personnes s’engageant activement et prenant le contrôle sur la production et la consommation d’énergie en général et des renouvelables en particulier. » Toutefois, si cette anthologie permet certes de se faire un idée de l’enjeu et évite bien des écueils et platitudes « écologiques classiques », elle laisse le lecteur sur sa faim tant sur le plan de l’alternative que de la critique ( les besoins en énergie ne sont ainsi jamais interrogés)…

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