Photo : La grève des ouvriers du textile de 1982
Il est regrettable qu’il n’existe pas, à notre connaissance, de véritable synthèse historique et analytique sur le fameux « rendez-vous manqué » entre le mouvement ouvrier, le marxisme et ses divers avatars et la question des castes en Inde. Un tel travail permettrait pourtant de tracer un panorama général du cours des luttes de classes tant urbaines que rurales depuis les débuts de l’industrialisation du pays, mais également d’aborder de façon hétérodoxe la trajectoire d’un marxisme qu’on traite trop souvent sous un angle scolastique et non historique. Fruits d’un (très) fastidieux travail bibliographique, les notes qui suivent ( d’abord sur le monde ouvrier, puis le marxisme et enfin le naxalisme) ne sont bien entendu qu’une toute première ébauche de ce qui, selon nous, pourrait être fait.
La caste à double tranchant : exploitation et résistance dans les fabriques textiles
Secteur central de l’industrialisation impulsée tant domestiquement que par les autorités coloniales au XIXe siècle, l’industrie textile, principalement située a Bombay a fait l’objet de plusieurs études de fond où la question de l’articulation entre caste et classe est centrale. En effet le canon supposait, depuis Marx, qu’une fois ayant migré vers les villes et se retrouvant enrégimentés sous la coupe de la discipline industrielle, les nouveaux prolétaires indiens remiseraient définitivement leurs identités et pratiques de caste héritées du village pour accéder à une conscience de classe commune leur permettant de mener de front la lutte contre leurs patrons. Il faut rappeler que l’idée que cette migration libérerait les intouchables de la vieille oppression était aussi très présente dés le début du mouvement dalit, le fameux refrain de « l’air de la ville rend libre » offrant un salutaire contrepoint à l’apologie du village rural par Gandhi ( cf la citation célèbre d’Ambedkar : « Qu’est-ce qu’un village, si ce n’est un puits sans fond de localisme, le repaire de l’ignorance et de l’étroitesse d’esprit ? »).
Et si il est évident que la vie urbaine a très rapidement rendu obsolètes quelques obsessions rituelles ( cf. la citation de Rao dans notre post sur le mouvement dalit), appliquer mécaniquement le théorème migration = émancipation des rapports de caste faisait malheureusement fi de biens des réalités hier , et, ce qui n’est pas moins décourageant, aujourd’hui. Dans son classique The Origins of Industrial Capitalism in India. Business Strategies and the Working Classes in Bombay 1900-1940, Rajnarayan Chandavarkar note ainsi « La migration se déroulait dans le cadre de la caste, des liens de parenté et des connexions villageoises. Ceux qui migraient en ville y vivaient avec des gens de leur village, des personnes appartenant à la même caste et cherchaient du travail grâce à leur aide. (…) La caste et la parenté semblaient former des unités sociales indivisibles dans les quartiers ouvriers. » Bien entendu cette migration étaient, et est encore, encadrée par des intermédiaires-courtiers de main d’oeuvre, hier appelés « jobber » aujourd’hui « contractor », qui assurent la transition entre les deux mondes et, pour ce faire, trouvent dans les rapports de caste une sorte de système clé en main : » Le système des « jobber » était le moyen par lequel la vieille société se mélangeait avec la nouvelle; les villageois migrants qui rejoignaient un groupe de travail via leur jati ou des liens de parenté pouvaient être employés dans le groupe fonctionnel qui constituait le pré-carré dont le jobber était responsable dans la fabrique. Tant que le jobber s’occupait du recrutement et que l’employeur évitait de perturber l’organisation de la fabrique en rationalisant ou en montant en gamme technologiquement, les traditions sociales de la force de travail pouvaient être transférées dans l’industrie et adaptées à ses technologies. » ( Richard Newman, Workers and unions in Bombay, 1918-1929) C’est la caste en effet qui permettait d’articuler migration et division du travail.
Dans son important livre sur les travailleurs de l’industrie textile d’Ahmedabad, The Making and Unmaking of an Industrial Working Class. Sliding down to the Bottom of the Labour Hierarchy in Ahmedabad, Jan Breman décrit ainsi le fonctionnement des fabriques dans ce qu’on appelait le « Manchester de l’Inde » : » Le travail dans les fabriques était déterminé par l’identité de caste que les travailleurs avaient amené avec eux en ville. Les dheds et les vankars [des castes intouchables], qui avaient traditionnellement complétés leurs revenus tirés du travail agricole en pratiquant le tissage, étaient mis au travail dans les ateliers de filature, tout comme les chamars, une caste de tanneurs de cuir. Ces intouchables n’étaient pas admis dans les ateliers de tissage, qui constituaient le domaine des musulmans et des castes plus hautes comme les kanbis. Cette division du travail, qui se développa à la fin du XIXe, était justifiée par le fait que les tisserands se servaient de leurs deux mains et de leur bouche pour faire un nœud au fil s’il se cassait ou pour enrouler le fil sur la navette lors du remplacement d’une bobine de trame. Si des membres des castes intouchables avaient été autorisés à faire ce travail, cela aurait souillé le produit. Cette pollution se serait transmise aux étapes ultérieures de la production. Pour éviter cela, les intouchables ne pouvaient participer qu’à la phase précédente de filage, qui payait beaucoup moins. (…) Une fois en place cette segmentation s’institutionnalisa via la façon dont étaient recrutés les nouveaux arrivants. Cela produisait en général par le bouche à oreille, les membres de la famille et les membres de sa propre caste. Dans les premières décennies, c’était principalement organisé par les jobbers, qui venaient du même milieu que ceux qu’ils recrutaient. Dans d’autres centres textiles, comme Bombay et Madras, la division du travail se basait largement sur l’appartenance de caste. (…) A Ahmedabad, il semblerait que les intouchables qui arrivaient en ville après avoir été privés de travail dans l’économie rurale à la fin du XIXe devaient se contenter des travaux mal payés évités par des travailleurs de couches sociales qui étaient déjà intégrées à l’économie urbaine depuis plusieurs générations. »
De fait, contrairement aux pronostics, la légendaire plasticité de la caste et de ses usages semblaient s’exercer tout autant dans les usines capitalistes qu’ailleurs. C’est ce qu’a l’air de suggérer, quoiqu’en le tempérant légèrement, Mark Holmström dans South Indian Factory Workers. Their life and their world : « Qu’on considère les différents types de signification que la caste peut prendre. Elle peut être une structure morale : l’idéologie traditionnelle des castes considère la caste individuelle comme une partie d’un organisme social, qui fait partie d’un univers dans lequel chaque partie tire sa valeur et sa signification de sa relation avec l’ensemble ; mais les supports idéologiques de cette vision du monde ont disparu ou sont en train de disparaître. La caste ou la « sous-caste » est un groupe de parenté, une aire dans laquelle on peut trouver des partenaires pour marier ses enfants et faire des alliances utiles par le mariage . La caste est un réseau de contacts plus large, qui peut être exploité pour trouver des emplois ou obtenir des choses : tout vestige d’obligation morale, de réciprocité ou de relations patron-client vaut la peine d’être essayé dans une situation d’incertitude et de concurrence acharnée. La caste peut être simplement une explication des choses : certaines personnes obtiennent réellement un emploi ou une promotion grâce à leur caste, ou en partie grâce à elle. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une fausse explication, comme c’est le cas pour les « communalistes » qui imputent chaque échec à leur appartenance à la mauvaise caste : c’est ce qu’un marxiste appellerait la « fausse conscience » de leur position de classe. La caste peut et a toujours pu être un code pour les différences de classe économique : les hiérarchies traditionnelles de caste pouvaient s’adapter aux changements de richesse et de pouvoir des castes, ou aux sous-castes dissidentes, et l’idéologie de caste fournissait des explications logiquement solides pour réconcilier la mobilité sociale visible avec l’ordre éternel des castes. (…) La caste pouvait certes permettre de supporter et d’expliquer plus de mobilité sociale qu’on le suppose souvent. Mais il y a une limite : la grande variété de nouvelles occupations, en parallèle avec des changements idéologiques relativement indépendants, rend la caste de moins en moins fiable pour coder les différences de classe mais si elle reste un signe utile des origines de classe des gens. »
Dans ce contexte, il ne paraîtra pas surprenant que certains auteurs en viennent à souligner le caractère à double tranchant de ces réseaux de solidarité « organique » issus de la vie villageoise, certes entraves au développement de l’activité et de la conscience de classe en tant que telles mais aussi puissant levier de résistance dans les conflits, très durs, avec le patronat. Subho Basu dans Does Class Matter ? Colonial Capital and Workers’ Resistance in Bengal (1890–1937) rappelle qu’à « Bombay les connexions rurales renforçaient la capacité de négociation collective des travailleur. Leur base rurale permettait aux travailleurs de prolonger leurs grèves dans les zones urbaines (…) Les liens ruraux n’opéraient pas comme entrave au développement des luttes industrielles du travail urbain. Au contraire, comme à Bombay, les liens sociaux ruraux permettaient également aux ouvriers de Calcutta d’intensifier leur résistance contre les dirigeants coloniaux. » Chandavarkar dans The Origins of Industrial Capitalism va dans le même sens : » Les mécanismes du marché du travail encourageait les travailleurs à développer et maintenir leurs connexions villageoises, sur la force desquelles ils dépendaient plus efficacement pour résister aux demandes de leurs employeurs et défier leurs tentatives de pression. (…) Si les tenanciers des fabriques tentaient de transférer les couts de reproduction de la force de travail sur l’économie rurale, les travailleurs textiles déployaient parfois leurs connexions villageoise pour défendre leurs propres intérêts et en particulier pour tenir dans des grèves de longue durée. »
Les premiers syndicats, souvent tenus par des gandhiens défenseurs de la société traditionnelle, si ils promeuvent l’éducation et la fin des comportements les plus excessifs contre les intouchables ne font de fait rien pour inverser la tendance ( « Le syndicats ne questionnaient pas la division du travail selon des lignes de caste ou de religion dans les fabriques, et ils soutenaient même les pratiques ségrégatives vis à vis des musulmans et des intouchables dans le logement. » Breman The Making and Unmaking). Dipesh Chakrabarty dans Les syndicats dans une culture hiérarchique. Les travailleurs du Jute de Calcutta, 1920-1950 paru dans le troisième numéro des Subaltern Studies retrace de son côté : « L’idéal du principe démocratique de représentation, basé sur une relation «volontaire » et « contractuelle », ne s’est jamais réalisé dans les syndicats des travailleurs du jute de Calcutta, et, au lieu de cela, les délégués sont devenus des maîtres. Les syndicats étaient gérés comme si ils étaient les « zamindaries » (fief) de leurs leaders. On pourrait aller plus loin et avancer l’hypothèse qu’aux yeux des travailleurs des usines de jute, être un maître était une condition nécessaire pour être délégué. Seul un maître pouvait représenter. » On comprendra qu’avec un tel legs, et leurs propres insuffisances, les communistes qui commencent à véritablement prendre pied dans le mouvement ouvrier dans les années 30 et surtout dans et après le processus d’indépendance auront bien du mal à vérifier leur pronostic d’une classe prenant définitivement le pas sur la caste…
De défaites en restructuration : le mouvement ouvrier dans et après l’indépendance
Il y a eu en Inde comme dans beaucoup d’autres pays, on pense notamment ici au Maroc, à l’Algérie ou à l’Indonésie (voir par exemple « Workers’ Control in Java, Indonesia, 1945–1946 » de Jafar Suryomenggolo dans le recueil Ours to Master and to Own), un moment post-colonial quasi insurrectionnel qui fut incarné par la révolte du Telangana qui était contemporaine à ses débuts de nombreuses grèves à travers le pays. Mais très vite le nouveau pouvoir parvint à une remise au pas. Comme le retrace Vivek Chibber dans le cinquième chapitre de son livre Locked in Place. State Building and Late Industrialization in India, l’adoption de l' »Industrial Disputes Act » en 1947 marquait un coup d’arrêt brutal à un cycle de lutte de classe qui aurait probablement changé la face du régime et de la classe ouvrière. En effet dans cet accord : « Ce que le gouvernement donnait au mouvement ouvrier d’un côté, il le reprenait de l’autre. Les syndicats étaient reconnus comme les seuls représentants des intérêts du travail et les employeurs étaient enjoints de négocier avec eux sur toutes les questions importantes, mais le pouvoir des syndicats dans la négociation était sévèrement encadré. » De fait l’accord prévoyait des mesures très restrictives quant à l’usage du droit de grève et plaçait les syndicats sous le patronage du nouveau pouvoir « socialisant » d’un Congrès qui présidait dans le même temps à une scission de la All India Trade Union Congress, dominée par les communistes, qui allait durablement affaiblir le syndicalisme dans le pays, le réduisant pour partie à un appendice des partis politiques ( phénomène qui perdure jusqu’à aujourd’hui). De ce moment là, les nationalisations offrant de surcroît leur lot habituel de nouvelles sinécures pour les militants aguerris, le mouvement ouvrier entra dans une longue léthargie jusqu’au tournant des années 60.
Le cycle de luttes ouvrières qui accompagnent les très nombreux mouvements tant en ville ( les dalit panthers en sont un exemple) que dans les campagnes ( l’insurrection de Naxalbary en 1967) a des bornes chronologiques qui ne sont pas sans faire penser à celles des luttes qui traversent l’Europe occidentale à l’époque : une phase haute de 67 à 72, un premier retournement avec l’échec d’une grève générale historique en 1974 puis l’État d’urgence en 1975 et enfin plusieurs défaites de grande portée des groupes ouvriers historiquement les plus combatifs au début des années 80 ( ainsi la grève des travailleurs du textile de Bombay en 1982). Le spécialiste français du mouvement ouvrier indien, Gerard Heuzé, évoque ainsi, dans sa contribution « Le monde ouvrier » au recueil L’Inde contemporaine, » La grève des 250 000 cantonniers déclenchée en janvier 1982, [qui] dura 1 an et demi, bouleversant Bombay. Elle se termina par un échec économique, un désastre social ( 80 000 licenciements) et une défaite symbolique d’envergure qui mit fin pour longtemps aux espérances ouvrières. » D’autant que dans la même période Indira Gandhi mate la grève des cheminots et celle des services publiques de Bangalore. La défaite inaugurant une contre-offensive patronale qui n’est pas bien entendu sans évoquer celle qui se déroule à l’ouest : « Depuis 1983, les employeurs sont passés à l’offensive. Les jours chômés pour raison de Lock-Out ont dépassé le total des jours de grève (…) Les actions des salariés prennent un tour de plus en plus défensif : contre les licenciements et les actions répressives et pour le maintien des avantages acquis. » ( Heuzé « Le Monde ouvrier »)
L’échec de ce cycle de lutte de classe et la restructuration qui en découle va réactualiser la centralité de la caste dans le monde du travail via l’importance nouvelle que va prendre un travail migrant (importance qui est venue se rappeler à tout le monde avec les confinements provoqués par le covid et l’exode vers les campagnes qui s’en est suivi) qui suppose un renforcement des structures de caste puisque ce sont elles qui majoritairement continuent d’encadrer et de distribuer la force de travail de la campagne vers la ville ( voir par exemple à ce sujet le sixième chapitre du livre de Chinmay Tumbe, India Moving ). Et au jobber succède donc le contractor. Gerard Heuzé, cette fois-ci dans sa contribution « Unité et pluralité du monde ouvrier indien » au recueil Caste et classe en Asie du sud en dresse ce portrait : « Il existe plusieurs types de contractors. Certains sont de simples intermédiaires qui assurent un service, alors que d’autres sont de purs exploiteurs. La plupart combinent les deux fonctions dans des proportions variables. Dans l’ensemble, ils versent de plus en plus dans l’exploitation de la main-d’œuvre, et gagnent alors beaucoup d’argent. Certains sont à la tête de véritables empires, par exemple dans le district de Dhanbad. Ils réinjectent leurs profits dans l’industrie illégale (fabriques d’armes, distilleries d’alcool), les investissent dans la terre, ou les dissipent en dépenses somptuaires, comme les contractors de la région de Ranchi qui se font construire des maisons luxueuses à Calcutta. Ce sont souvent des politiciens régionaux importants. » Ceux qu’on appelle les « contract laborers » « se retrouvent donc assujettis au régime de recrutement appelé contract system, et n’accèdent à l’embauche que par le truchement de médiations complexes où les rapports de subordination que secrète la hiérarchie des castes joue un rôle important. » (Heuzé idem)
Et comme le décrit toujours Gérard Heuzé cette nouvelle segmentation de la force de travail aboutit aux mêmes résultats prévisibles qu’ailleurs : » Les caractéristiques des salariés sont encore plus disparates que par le passé, les écarts de revenus mais aussi les différences culturelles et de style de vie s’étant fortement accentuées. Les pratiques des entrepreneurs qui préfèrent systématiquement employer des migrants et usent beaucoup du beaucoup du critère ethnique pour hiérarchiser la main d’oeuvre, sont pour beaucoup dans cette évolution. (…) Dans ce contexte, les tentatives de revivalisme, de réinvention de la tradition ou de mise en place d’identités collectives durcies et limitées n’épargnent plus l’univers salarial et tout particulièrement les milieux ouvriers menacés par le chômage. » ( « Le monde ouvrier ») De fait ce nouveau paysage dessiné par la restructuration a probablement été un aubaine pour le BJP et l’hindutva qui ont pu vendre tout autant aux segments de la classe ouvrière défaite ( ainsi les ouvriers textiles d’Ahmenabad voir à ce sujet l’article de Jan Breman « Communal Upheaval as Resurgence of Social Darwinism« ) qu’à celle de migration récente, l’unanimité compensatrice, et occultant l’oppression de caste subie par les dalits, du majoritarisme hindou. Ce qu’ont malheureusement illustrés les pogroms anti musulmans de 2002 où l’on a vue une participation massive des anciens ouvriers licenciés et des migrants des basses castes. L’implication récurrente des dalits dans les exactions de l’extrême droite hindoue ne laissant certes pas d’inquiéter ( voir notre post sur Anand Teltumbde).
On pourrait rajouter à cette nouvelle configuration de la dynamique entre caste et classe, la forme de « politique de classe alternative » décrite par Rina Agarwala où des travailleurs informels ne pouvant se battre sur leur lieu de travail adressent directement leurs revendications à l’État et non aux employeurs et demandent de nouveaux avantages sociaux plutôt qu’une amélioration de leurs revenus ou de leurs conditions de travail. Ce qui passe bien entendu par la mobilisation électorale et donc identitaire, dans un contexte où les partis de caste ou régionalistes constituent une des alternatives les plus courantes à l’hégémonie du BJP. Un des rares partis de caste à avoir une envergure nationale, le BSP étant lui même issu dans les années 80 d’un syndicat d’employés dalits fondé dans les années 70 alors que c’est justement la création de syndicats fondés sur la caste, notamment chez les dalits, qui constitue désormais une tendance majeure dans le secteur formel. Bref, pour reprendre la vieille alternative des marxistes : dans le cours actuel, d’un pôle à l’autre, la caste semble se renforcer au détriment de la classe. Mais comme le montre tout l’histoire du monde ouvrier mais aussi du marxisme indien certains théorèmes téléologiques ne constituaient peut-être que d’utiles ornières…
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