{"id":434,"date":"2021-04-06T18:40:37","date_gmt":"2021-04-06T16:40:37","guid":{"rendered":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/?p=434"},"modified":"2021-05-29T18:47:43","modified_gmt":"2021-05-29T16:47:43","slug":"rapide-coup-doeil-aux-energy-humanities","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/2021\/04\/06\/rapide-coup-doeil-aux-energy-humanities\/","title":{"rendered":"Energy Humanities : an Anthology"},"content":{"rendered":"\n<ul><li><em>Energy Humanities : an Anthology<\/em>, \u00e9dit\u00e9 par Imre Szeman et Dominic Boyer, John Hopkins University Press, 2017. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>On ignore si la cr\u00e9ation de courants transdisciplinaires et transnationaux autour d&rsquo;un concept ad-hoc est effectivement une nouveaut\u00e9 ou une tendance lourde dans le monde universitaire mais si c&rsquo;est le cas, les \u00ab\u00a0Energy Humanities\u00a0\u00bb pourront certes appara\u00eetre comme un mod\u00e8le du genre. C&rsquo;est ce dont t\u00e9moigne cet ouvrage qui tient presque plus du patchwork que de l&rsquo;anthologie ( <em><a href=\"https:\/\/jhupbooks.press.jhu.edu\/title\/energy-humanities\">Energy Humanities : an Anthology<\/a><\/em> ) publi\u00e9 sous la direction de Imre Szeman et Dominic Boyer en 2017. Comme l&rsquo;indique une introduction relativement oecum\u00e9nique \u00a0\u00bb <em>Energy Humanities : an Anthology<\/em> rassemble des recherches attentives aux d\u00e9fis sociaux, culturels et politiques pos\u00e9s par le r\u00e9chauffement climatique et la destruction de l&rsquo;environnement. Comme le sugg\u00e8re le titre, les articles r\u00e9unis ici se penchent sur un probl\u00e8me sp\u00e9cifiquement li\u00e9 aux d\u00e9fis environnementaux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, celui de l&rsquo;\u00e9nergie.\u00a0\u00bb \u00c9nergie \u00e0 qui il s&rsquo;agit de redonner sa v\u00e9ritable place au centre de la trajectoire du monde actuel : \u00a0\u00bb Si l&rsquo;histoire de la modernit\u00e9 n&rsquo;est pas r\u00e9ductible \u00e0 l&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9nergie sur une \u00e9chelle toujours plus grande, une explication de ses d\u00e9veloppements, transgressions et contradictions qui n&rsquo;aborderait pas le r\u00f4le jou\u00e9 par l&rsquo;\u00e9nergie dans la formation de ses infrastructures ( les villes con\u00e7us pour l&rsquo;automobile) et de ses subjectivit\u00e9s ( des consommateurs mobiles dot\u00e9s de pouvoirs quasi infinis &#8211; comme celui de communiquer avec quelqu&rsquo;un de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du globe) et tout ce qui trouve entre ces deux p\u00f4les, ne peut que contribuer a donner une id\u00e9e fausse des forces et processus qui d\u00e9terminent le d\u00e9veloppement historique, particuli\u00e8rement ces deux derniers si\u00e8cles.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Le concept central des Energy Humanities c&rsquo;est la notion d\u00a0\u00bb&lsquo;inconscient \u00e9nerg\u00e9tique\u00a0\u00bb (inspir\u00e9e par le classique du marxiste Frederic Jameson <em>The Political Unconscious: Narrative as a Socially Symbolic Act<\/em>, d\u00e9fense radicale  d&rsquo;une interpr\u00e9tation politique de la litt\u00e9rature),  qui \u00ab\u00a0pourrait tout aussi bien \u00eatre d\u00e9crite comme la dimension \u00e9nerg\u00e9tique du consentement spontan\u00e9 de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie.\u00a0\u00bb En effet \u00a0\u00bb Notre pratiques et activit\u00e9s quotidiennes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9es par l&rsquo;\u00e9nergie d&rsquo;une mani\u00e8re que nous n&rsquo;avons jamais r\u00e9ellement per\u00e7u.\u00a0\u00bb Et donc si comme disait l&rsquo;autre \u00a0\u00bb tout ce qui est conscient s&rsquo;alt\u00e8re\u00a0\u00bb les \u00ab\u00a0Energy Humanities\u00a0\u00bb souhaitent \u00a0\u00bb faire la lumi\u00e8re sur l&rsquo;appareil \u00e9nerg\u00e9tique de la modernit\u00e9 qui est trop souvent invisible ou souterrain mais qui pompe et s&rsquo;\u00e9coule dans les nappes phr\u00e9atiques de la politique, de la culture, des institutions et du savoir de bien des fa\u00e7ons inattendues.\u00a0\u00bb Notons, en passant, dans cette introduction, et \u00e0 rajouter dans la liste en constante extension des recettes \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaires\u00a0\u00bb pour le moins surprenantes qu&rsquo;on croise dans la litt\u00e9rature universitaire \u00ab\u00a0radicale\u00a0\u00bb, cette suggestion des auteurs  : \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9nergie nous fournit un vecteur pour imaginer de fa\u00e7on nouvelle des soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9finies par l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances et des capacit\u00e9s &#8211; des communaut\u00e9s dans lesquelles pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire, nous sommes toujours imm\u00e9diatement sensibles \u00e0 nos rapports aux syst\u00e8mes naturels. Ainsi, et si nos libert\u00e9s politiques \u00e9taient d\u00e9sormais accompagn\u00e9es d&rsquo;un volet mat\u00e9riel &#8211; une quantit\u00e9 de kilocalories ou d&rsquo;unit\u00e9s d&rsquo;\u00e9nergie de base assign\u00e9e \u00e0 chaque individu, d\u00e9termin\u00e9e en partie par combien de quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie la plan\u00e8te serait en mesure de soutenir?\u00a0\u00bb   Un certain inconscient technocratique reste lui aussi \u00e0 analyser&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie du livre \u00a0\u00bb Energy Modernities : Histories and Futures\u00a0\u00bb qui conjugue th\u00e9orie et litt\u00e9rature classique pour aborder l&rsquo;histoire du rapport entre la modernit\u00e9, l&rsquo;\u00e9nergie et l&rsquo;avenir s&rsquo;ouvre sur le texte de Dipesh Chrakabarty \u00ab\u00a0Le climat de l&rsquo;histoire : quatre th\u00e8ses\u00a0\u00bb,  qui a \u00e9t\u00e9 traduit dans la <em>Revue internationale des livres et des id\u00e9es <\/em>en 2010 ( n\u00b015). <\/p>\n\n\n\n<p>Le texte de Imre Szeman qui lui succ\u00e8de,  \u00ab\u00a0System Failure: Oil, Futurity, and the Anticipation of&nbsp;Disaster\u00a0\u00bb, s&rsquo;int\u00e9resse aux enjeux de la fin du p\u00e9trole particuli\u00e8rement pour une \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb, toujours attach\u00e9e aux mod\u00e8les p\u00e9tro-\u00e9conomiques, qu&rsquo;ils soient sud-am\u00e9ricains ou scandinaves ( la Norv\u00e8ge). Szeman d\u00e9finit trois types de r\u00e9cits qui circulent dans cette \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb quant \u00e0 l&rsquo;attitude \u00e0 adopter vis \u00e0 vis de la question du p\u00e9trole : le r\u00e9alisme strat\u00e9gique, le techno-utopisme et l&rsquo;\u00e9co-apocalypse. \u00a0\u00bb Ce que je d\u00e9nomme r\u00e9alisme strat\u00e9gique c&rsquo;est un discours relativement courant concernant le p\u00e9trole qui d\u00e9coule d&rsquo;une approche sur le mode \u00ab\u00a0realpolitik\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9nergie. Ceux qui l&#8217;emploient &#8211; et ce discours est largement employ\u00e9 par les gouvernements comme les m\u00e9dias- nuancent ou minimisent les inqui\u00e9tudes concernant  le d\u00e9sastre cumulatif repr\u00e9sent\u00e9 par le p\u00e9trole ou le fait que les ressources en p\u00e9trole sont en train de s&rsquo;\u00e9puiser, et s&rsquo;int\u00e9ressent aux potentielles tensions \u00e9conomiques et politiques qui vont in\u00e9vitablement appara\u00eetre alors que les pays recherchent \u00ab\u00a0individuellement\u00a0\u00bb \u00e0 assurer leur s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique dans une \u00e8re de p\u00e9nurie. (..) Le r\u00e9alisme strat\u00e9gique est un discours qui fait de l&rsquo;\u00c9tat-nation l&rsquo;acteur central du drame de l&rsquo;imminent d\u00e9sastre p\u00e9trolier, un acteur qui s&rsquo;engage dans des calculs g\u00e9opolitiques impitoyables pour assurer la stabilit\u00e9 des \u00e9conomies et communaut\u00e9s nationales. Alors que le p\u00e9trole est difficilement s\u00e9parable des op\u00e9rations de la finance globale, sa valeur politique en tant que marchandise est telle qu&rsquo;on ne peut visiblement lui permettre de se r\u00e9pandre de fa\u00e7on autonome sur des march\u00e9s dont on nous a serin\u00e9 qu&rsquo;ils ne se pr\u00e9occupaient plus des fronti\u00e8res de nos jours : l&rsquo;\u00c9tat doit \u00eatre pr\u00e9sent afin d&rsquo;assurer que chaque jour la bonne quantit\u00e9 de p\u00e9trole afflue dans la bonne direction.\u00a0\u00bb On pr\u00e9sume qu&rsquo;ici Szeman avait \u00e0 l&rsquo;esprit le mod\u00e8le bolivarien, dont ce qu&rsquo;il reste, le r\u00e9gime p\u00e9tro-pr\u00e9torien de Maduro semble bien peu en mesure de peser sur quoi que ce soit et n&rsquo;a visiblement comme horizon strat\u00e9gique qu&rsquo;un d\u00e9but de <a href=\"https:\/\/www.economist.com\/the-americas\/2021\/02\/11\/cuba-and-venezuela-open-up-hesitantly-to-the-market\">d\u00e9r\u00e9gulation \u00ab\u00a0post-socialiste<\/a>\u00a0\u00bb que m\u00eame une remont\u00e9e des prix ne viendra probablement pas freiner&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Suit la perspective techno-utopiste \u00a0\u00bb un discours employ\u00e9 par les officiels gouvernementaux, les \u00e9cologistes et les scientifiques \u00e0 travers le spectre politique. Sur la question de la fin du p\u00e9trole, il propose deux r\u00e9ponses : soit des avanc\u00e9es scientifiques vont permettre d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 des ressources en p\u00e9trole jusque l\u00e0 trop chers \u00e0 exploiter ( les sables bitumeux de l&rsquo;Alberta, les r\u00e9serves en haute mer, etc) tout en mettant au point simultan\u00e9ment des solutions pour rem\u00e9dier aux \u00e9missions de carbone ( des absorbeurs-neutralisateurs, le pi\u00e9geage de carbone, etc) ou des innovations technologiques qui vont cr\u00e9er des formes enti\u00e8rement nouvelles d&rsquo;\u00e9nergie comme les piles \u00e0 combustible \u00e0 hydrog\u00e8ne. (&#8230;) Toutes nos pires inqui\u00e9tudes concernant le chaos qui va se d\u00e9ployer quand les r\u00e9serves de p\u00e9trole seront \u00e9puis\u00e9es sont dissip\u00e9es gr\u00e2ce aux innovations scientifiques qui sont parfaitement synchrones avec les op\u00e9rations de l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste, sans qu&rsquo;il y ait besoin de ruptures radicales dans la vie politique et social.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin le discours de l&rsquo;\u00e9co-apocalypse \u00a0\u00bb contrairement aux deux autres discours comprend qu&rsquo;un changement politique et social est fondamental pour faire face de fa\u00e7on consistante au d\u00e9sastre de la fin du p\u00e9trole &#8211; un d\u00e9sastre qu&rsquo;il lie \u00e0 l&rsquo;environnement avant l&rsquo;\u00e9conomie. N\u00e9anmoins, puisqu&rsquo;un tel changement n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;horizon ou difficile \u00e0 imaginer, il con\u00e7oit le futur sous l&rsquo;aspect d&rsquo;une peinture de Bosch &#8211; l&rsquo;enfer sur une terre obscurcie par un smog \u00e9touffant de dioxyde de carbone. (&#8230;) Malgr\u00e9 des revendications et des vell\u00e9it\u00e9s de changer le comportement individuel et la r\u00e9alit\u00e9 sociale, il y a au coeur des discours \u00e9co-apocalyptiques l&rsquo;id\u00e9e que rien ne peut arr\u00eater la venue du d\u00e9sastre. De fait, c&rsquo;est plut\u00f4t comme si le d\u00e9sastre \u00e9tait le bienvenu : la fin du p\u00e9trole pourrait bien signifier que le capitalisme creuse sa tombe, puisque sans p\u00e9trole les configurations actuelles du capital sont impossibles.\u00a0\u00bb L&rsquo;auteur ne consid\u00e8re certes pas que ces \u00a0\u00bb futurs nationaux, technologiques ou apocalyptiques\u00a0\u00bb aient de l&rsquo;avenir car \u00a0\u00bb puisque ces discours sont incapables de mobiliser ou de produire une r\u00e9ponse \u00e0 un d\u00e9sastre dont nous savons qu&rsquo;il est le r\u00e9sultat direct de la loi du capitalisme &#8211; l&rsquo;accumulation sans limite &#8211; il est facile d&rsquo;imaginer que la nature va finir avant le capitalisme.\u00a0\u00bb On ignorait que ce dernier avait pour intention d&rsquo;ass\u00e9cher les oc\u00e9ans avant de dispara\u00eetre&#8230; Si \u00e9tablir une telle \u00ab\u00a0nomenclature\u00a0\u00bb constitue un effort louable, tant qu&rsquo;on ne distingue pas un tant soit peu ( mais d\u00e9j\u00e0 beaucoup !)  les forces sociales que de tels discours signalent ou pourraient pr\u00e9tendre mobiliser, on en reste au niveau des bonnes intentions et du dialogue de sourd avec des cat\u00e9gories qu&rsquo;on a soi-m\u00eame cr\u00e9\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans le texte qui suit \u00ab\u00a0The Great White Way\u00a0\u00bb, David Nye offre une tr\u00e8s riche et pertinente r\u00e9flexion sur la perception et la repr\u00e9sentation ( notamment chez des peintres tels Whistley, Hopper, Stella ) de New-York \u00e0 l\u2019\u00e2ge de l\u2019\u00e9lectrification et de ses fameux panneaux publicitaires lumineux, notamment sur la \u00ab&nbsp;Great White Way&nbsp;\u00bb \u00e0 Broadway. Suivent ensuite des po\u00e8mes de Pablo Neruda , de Stephen Colliset et pour la prose un extrait de \u00ab&nbsp;Nombre des villes invisibles&nbsp;\u00bb de Italo Calvino ( tr\u00e8s sollicit\u00e9 dans cette anthologie) et de \u00ab\u00a0La fille automate\u00a0\u00bb de Paolo Bacigalupi. Le chapitre se cl\u00f4t sur trois textes :  \u00ab\u00a0The Visible Hand of the Sun: Blueprint for a Solar World\u00a0\u00bb  de Hermann Scheer qui est un extrait de <em>Le Solaire et l&rsquo;\u00e9conomie mondiale <\/em>( traduit en fran\u00e7ais chez Actes sud) puis  \u00ab&nbsp;The Frenzy of Fossil Fuels&nbsp;\u00bb tir\u00e9 de <em>L&rsquo;effondrement de la civilisation occidentale<\/em>, (traduit en fran\u00e7ais aux \u00c9ditions les liens qui lib\u00e8rent) et une reprise de l\u2019article \u00ab&nbsp;It\u2019s Not Climate Change\u2014It\u2019s Everything Change\u00a0\u00bb de Margaret Atwood. <\/p>\n\n\n\n<p>La seconde partie \u00ab&nbsp;Energy, Power, and Politics&nbsp;\u00bb cherche \u00e0 \u00ab\u00a0examiner comment diff\u00e9rentes formes et infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques permettent diff\u00e9rentes configurations de pouvoir politique\u00a0\u00bb car \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9nergie influence aussi la contenu des id\u00e9es politique, quoique de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9ralement souterraine. En d&rsquo;autres termes, des mod\u00e8les d&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9nergie exercent une forme d&rsquo;effet id\u00e9ologique, d\u00e9terminant les termes du discours public et impr\u00e9gnant la doxa de diff\u00e9rentes cultures d&rsquo;expertise.\u00a0\u00bb Le premier texte \u00e9tant ,comme on pouvait s&rsquo;y attendre au vu de cette pr\u00e9sentation, un extrait de <em>Carbon Democracy <\/em>de Thimothy Mitchell ( traduit en fran\u00e7ais aux \u00c9ditions La D\u00e9couverte).  <\/p>\n\n\n\n<p>Suit le texte \u00ab\u00a0Energopower: An Introduction\u00a0\u00bb de Dominic Boyer qui s&rsquo;appuie notamment sur les intuitions d&rsquo;une figure peu connue, Leslie White, un anthropologue marxiste h\u00e9t\u00e9rodoxe, pour tirer un bilan du rapport de cette discipline aux questions \u00e9nerg\u00e9tiques  : \u00ab\u00a0Si il y a une le\u00e7on \u00e0 tirer de l&rsquo;histoire du rapport de deux g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;anthropologues \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont accompagn\u00e9 les moments de vuln\u00e9rabilit\u00e9 ou de transition des r\u00e9gimes dominants d&rsquo;\u00e9nergo-pouvoir [ \u00ab\u00a0energopower\u00a0\u00bb, terme forg\u00e9 sur le mod\u00e8le, quelle surprise !, de biopouvoir, d&rsquo;o\u00f9 cette alliage disgracieux, Ndt]. Dans le cas de White, sa saisie de l&rsquo;\u00e9nergie comme cl\u00e9 pour comprendre toute la culture ( et de fait toute l&rsquo;existence) humaine a accompagn\u00e9 la r\u00e9volution de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire et ses nouvelles magnitudes de pouvoir cr\u00e9atif et destructeur. Dans le cas de la seconde g\u00e9n\u00e9ration, le contexte \u00e9tait celui des ann\u00e9es 70, que Ralph Nader a qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0d\u00e9cennie de l&rsquo;\u00e9nergie\u00a0\u00bb. Le choc p\u00e9trolier de 1973 signalait la fin d&rsquo;une certaine phase de contr\u00f4le imp\u00e9rialiste occidental sur les \u00e9nergies fossiles. Une volont\u00e9 politique passag\u00e8re d&rsquo;explorer les sources alternatives d&rsquo;\u00e9nergie s&rsquo;ensuivit, aidant \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des fissures et secousses energopolitiques qui attir\u00e8rent l&rsquo;attention des anthropologues. L&rsquo;adh\u00e9sion politique retrouv\u00e9e aux \u00e9nergies nucl\u00e9aires et carbon\u00e9es dans le monde industriel des ann\u00e9es 80 \u00e9mouss\u00e8rent les aspirations et le sentiment d&rsquo;urgence \u00e0 mener des \u00e9tudes sur l&rsquo;\u00e9nergie en anthropologie comme ailleurs dans les sciences humaines.\u00a0\u00bb Pr\u00e9sentant ensuite une rapide g\u00e9n\u00e9alogie critique de la mont\u00e9e des pr\u00e9occupations \u00ab\u00a0anti-anthropocentriques\u00a0\u00bb dans les sciences humaines, sans aller toutefois jusqu&rsquo;\u00e0 en critiquer les manies ventriloques ( hier \u00ab\u00a0la classe ouvri\u00e8re\u00a0\u00bb, aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0la nature\u00a0\u00bb), il propose enfin une d\u00e9finition de son concept ( \u00ab\u00a0Avant tout l&rsquo;\u00e9nergopouvoir consiste en une g\u00e9n\u00e9alogie du pouvoir moderne qui repense celui-ci \u00e0 l&rsquo;aune de la double analyse de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et du combustible\u00a0\u00bb) et une articulation \u00e0 la notion de biopouvoir, sur le mode  circulaire et vaniteux qui domine dans 9\/10eme des discours acad\u00e9miques et \u00ab\u00a0radicaux\u00a0\u00bb d\u00e8s que cette notion entre en jeu. <\/p>\n\n\n\n<p>Lui succ\u00e8de un article de Jean-Fran\u00e7ois Mouhot, \u00ab&nbsp;Past Connections and Present Similarities in Slave Ownership and Fossil Fuel Usage\u00ab&nbsp;Past Connections and Present Similarities in Slave Ownership and Fossil Fuel Usage\u00a0\u00bb, qui est une reprise de ce qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9 dans un livre en fran\u00e7ais<em> <\/em>( <em>Des esclaves \u00e9nerg\u00e9tiques <\/em>publi\u00e9 chez Champ Vallon). L&rsquo;article qui suit, \u00ab\u00a0Imperial Oil: The Anatomy of a Nigerian Oil Insurgency\u00a0\u00bb de Michael Watts,&nbsp; est un des tr\u00e8s rares textes de cette anthologie portant sur une r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te. A d\u00e9faut d&rsquo;\u00eatre tr\u00e8s original, il rappelle un certain nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de base sur l&rsquo;imbroglio p\u00e9trolier nig\u00e9rian : sa centralit\u00e9 pour les \u00c9tats-Unis ( 12% de ses importations) et les mesures prises par ceux-ci ( cr\u00e9ation de l&rsquo;AFRICOM en 2007, sous pr\u00e9texte de guerre contre le terrorisme, qui a permis de militariser la protection du secteur), l&rsquo;ampleur des d\u00e9tournements ( \u00ab\u00a085% des revenues du p\u00e9trole reviennent \u00e0 1% de la population ; pr\u00e9s de 100 milliards sur les 400 milliards de revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s depuis 1970 ont tout bonnement disparu\u00a0\u00bb) mais aussi le co\u00fbt des insurrections locales pour cette industrie ( pr\u00e9s de 400 actes de vandalisme par an, 1 milliard de pertes annuelles en moyenne), etc. Le chapitre se poursuit avec un extrait de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00ab&nbsp;The Cheviot, the Stag and the Black, Black Oil&nbsp;\u00bb de John McGrath, l&rsquo;article \u00ab\u00a0Nuclear Ontologies\u00a0\u00bb  de Gabrielle Hecht qui reprend les th\u00e8ses de son livre ( publi\u00e9 en fran\u00e7ais aux \u00c9ditions Amsterdam ) sur le \u00ab\u00a0rayonnement fran\u00e7ais\u00a0\u00bb et la manie hexagonale ( qui semble faire consensus jusqu&rsquo;aux derniers recoins du spectre politique) de se \u00ab\u00a0pousser du col\u00a0\u00bb atomique. Dans \u00ab&nbsp;A Dark Art: Field Notes on Carbon Capture and Storage Policy Negotiations at COP17&Prime; G\u00f6k\u00e7e G\u00fcnel d\u00e9crit quant \u00e0 lui les n\u00e9gociations de la COP 17 \u00e0 Durban en 2011, notamment le r\u00f4le des pays du golfe, leur lobbying et les solutions plus ou moins absurdes qui leur sont sugg\u00e9r\u00e9s, comme de stocker du dioxyde de carbone dans les champs p\u00e9troliers \u00e9puis\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab\u00a0Gendering Oil: Tracing Western Petrosexual Relations\u00a0\u00bb Sheena Wilson tente une amorce de synth\u00e8se un peu p\u00e9rilleuse mais tout de m\u00eame utile sur le rapport entre p\u00e9trole et patriarcat, notamment via une critique de l&rsquo;imagerie associ\u00e9e \u00e0 cette source d&rsquo;\u00e9nergie : \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e2ge du p\u00e9trole est rempli d&rsquo;ironies qui ont r\u00e9sult\u00e9 \u00e0 la fois en des avanc\u00e9es f\u00e9ministes en m\u00eame temps qu&rsquo;au renforcement de vieilles conceptualisations patriarcales des femmes comme objet et propri\u00e9t\u00e9, popularis\u00e9es via l&rsquo;omnipr\u00e9sence des images de la f\u00e9minit\u00e9 telles qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par les discours capitalistes, consum\u00e9ristes, n\u00e9o-lib\u00e9raux de la fin du XXe si\u00e8cle et du d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle.\u00a0\u00bb L&rsquo;enjeu \u00e9tant par la consommation et le \u00ab\u00a0spectacle\u00a0\u00bb( dixit Wilson) de subordonner l&rsquo;\u00e9mancipation des femmes \u00e0 la p\u00e9troculture \u00e0 laquelle elle oppose notamment les r\u00e9sistances indiennes \u00e0 l&rsquo;exploitation des sables bitumeux au Canada ( le \u00ab\u00a0idle no more movement\u00a0\u00bb). Le texte qui suit \u00ab\u00a0Anthropocenic Ecoauthority: The Winds of Oaxaca\u00a0\u00bb de Cymene Howe est tir\u00e9 du livre <em>Energopower<\/em> dont nous traiterons apr\u00e8s cette anthologie. Il porte sur la r\u00e9sistance des populations locales \u00e0 un m\u00e9ga-projet \u00e9olien sur l\u2019isthme de Tehuantepec dans l\u2019Etat de Oaxaca au Mexique ( d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 dans une pr\u00e9c\u00e9dente recension). Ceux-ci s&rsquo;opposent \u00e0 la construction du parc car il met en danger leurs activit\u00e9s traditionnelles ( notamment la p\u00e8che) et car tout bonnement ce projet rhabille du vieux ( autoritarisme et corruption) avec du neuf et veut leur faire porter le fardeau \u00a0\u00bb des cons\u00e9quences de la lutte contre le changement climatique et des aspirations du capitalisme vert\u00a0\u00bb. Pour Howe \u00a0\u00bb une tension a \u00e9merg\u00e9 entre les perceptions locales des conditions \u00e9cologiques et la connaissance environnementale qui pr\u00e9tend rem\u00e9dier au changement climatique global. Ces divergences indiquent des fa\u00e7ons distinctes d&rsquo;imaginer et d&rsquo;articuler ce que j&rsquo;appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9co-autorit\u00e9 anthropoc\u00e9nique\u00a0\u00bb. La bonne conscience \u00e9co-autoritaire n&rsquo;en \u00e9tant effectivement pas \u00e0 un paradoxe pr\u00e8s : \u00a0\u00bb La production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 dans l&rsquo;Isthme a d\u00e9sormais atteint un gigawatt, soit assez pour fournir de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 un million de foyers de l&rsquo;\u00c9tat de Oaxaca. N\u00e9anmoins l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 n&rsquo;est sp\u00e9cifiquement pas affect\u00e9e aux foyers ou municipalit\u00e9s de l&rsquo;isthme ; elle part plus loin et est achet\u00e9e par des entreprises comme Coca-Cola, Walmart, Heineken, Bimbo pour r\u00e9duire leurs co\u00fbts manufacturiers et leur impact environnemental. L&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 est produite mais pas pour les populations locales.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Le chapitre se cl\u00f4t de fa\u00e7on assez ubuesque ou du moins excessivement oecum\u00e9nique sur un extrait de l&rsquo;encyclique du Pape Fran\u00e7ois sur le changement climatique et l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me partie \u00ab\u00a0Energy in Philosophy: Ethics, Politics, and Being\u00a0\u00bb s&rsquo;organise autour de la n\u00e9cessit\u00e9 pour la philosophie de s&#8217;emparer de la question \u00e9nerg\u00e9tique : \u00a0\u00bb Si il y a quelque chose qui lie les diff\u00e9rents types d&rsquo;approches philosophiques de l&rsquo;\u00e9nergie repr\u00e9sent\u00e9es ici, c&rsquo;est que se confronter \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie nous incite \u00e0 une profond\u00e9ment r\u00e9-imaginer  beaucoup de nos concepts et interpr\u00e9tations fondamentales.\u00a0\u00bb La partie s&rsquo;ouvre sur un extrait du livre &nbsp;<em>Bataille\u2019s Peak: Energy, Religion, and Postsustainability<\/em> de Allan Stoekl qui est une analyse minutieuse de la centralit\u00e9 de la question \u00e9nerg\u00e9tique dans <em>La part maudite <\/em>de Georges Bataille dont on peut d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 rappeler une des th\u00e8ses principales : \u00ab\u00a0l&rsquo;organisme vivant, dans la situation qui d\u00e9terminent les jeux de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e0 la surface du globe, re\u00e7oit en principe plus d&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;il n&rsquo;est n\u00e9cessaire au maintien de la vie : l&rsquo;\u00e9nergie ( la richesse) exc\u00e9dante peut \u00eatre utilis\u00e9e \u00e0 la croissance d&rsquo;un syst\u00e8me ( par exemple d&rsquo;un organisme) ; si le syst\u00e8me ne peut plus cro\u00eetre, ou si l&rsquo;exc\u00e9dent ne peut en entier \u00eatre absorb\u00e9 dans sa croissance, il faut n\u00e9cessairement le perdre sans profit, le d\u00e9penser, volontiers ou non, glorieusement ou sinon de fa\u00e7on catastrophique.\u00a0\u00bb ( <em>La part maudite <\/em>p. 49) Selon Stoekl \u00ab\u00a0la th\u00e9orie de Bataille est profond\u00e9ment \u00e9thique : nous devons distinguer entre les versions de l&rsquo;exc\u00e8s qui sont \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;univers\u00a0\u00bb dont la reconnaissance et mise en oeuvre garantit la survie de la soci\u00e9t\u00e9 ( et la d\u00e9pense humaine) et d&rsquo;autres versions qui m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;aveuglement quant au r\u00f4le de la d\u00e9pense et de ce fait menace la survie de l&rsquo;homme et de la plan\u00e8te.\u00a0\u00bb De plus \u00a0\u00bb en consid\u00e9rant l&rsquo;homme comme un d\u00e9pensier et non comme un conservateur, Bataille parvient \u00e0 inverser l&rsquo;ordre usuel de l&rsquo;\u00e9conomie : l&rsquo;imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique est pour ainsi dire d&rsquo;augmenter la bonne d\u00e9pense, ce que nous pourrions perdre de vue si nous mettions l&rsquo;accent sur un mod\u00e8le in\u00e9vitablement \u00e9go\u00efste de conservation ou d&rsquo;utilit\u00e9.\u00a0\u00bb N\u00e9anmoins, Stoekl ne fait pas mine d&rsquo;ignorer le paradoxe qu&rsquo;il y a invoquer les mannes de Bataille en cette \u00e8re o\u00f9 \u00ab\u00a0le gaspillage de l&rsquo;\u00e9nergie semble le principal mal qui menace l&rsquo;existence de la biosph\u00e8re de laquelle nous d\u00e9pendons.\u00a0\u00bb Il souligne d&rsquo;ailleurs l&rsquo;influence sur Bataille du scientifique Georges Ambrosino, chez lequel il puise l&rsquo;id\u00e9e du surplus in\u00e9vitable et in\u00e9puisable d&rsquo;\u00e9nergie et dont l&rsquo;optimisme t\u00e9moignerait \u00e9ventuellement des d\u00e9buts des applications \u00ab\u00a0pacifiques\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire. De m\u00eame, \u00ab\u00a0<em>La part maudite<\/em> nous pr\u00e9senterait donx un \u00e9trange amalgame entre la conscience du r\u00f4le central que joue l&rsquo;\u00e9nergie par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie ( sans parler de la vie en g\u00e9n\u00e9ral) et une ignorance volontaire des modes socio-techniques de distribution et d&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9nergie, qui sont beaucoup plus que des d\u00e9tails. On pourrait supposer que l&rsquo;origine de cette n\u00e9gligence dans la pens\u00e9e de Bataille se trouve dans la th\u00e9orie \u00e9conomique et au bout du compte philosophique, \u00e0 la fois bourgeoise et marxiste de la p\u00e9riode moderne, chez qui les ressources en \u00e9nergie et les mati\u00e8res premi\u00e8res ne rentrent pas pour une bonne partie dans les calculs \u00e9conomiques ( et philosophiques) puisqu&rsquo;ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme acquis : la terre rend l&rsquo;activit\u00e9 humaine possible et dans un sens nous donnons un sens \u00e0 la terre, une dignit\u00e9 en utilisant des ressources qui resteraient autrement inertes, inconnues, insignifiantes.\u00a0\u00bb N\u00e9anmoins Stoekl propose un sauvetage de la position de Bataille, et ce, encore une fois, sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;\u00e9thique :\u00a0\u00bb L&rsquo;\u00e9thique de Bataille implique le choix entre deux alternatives : la reconnaissance des limites au travers de l&rsquo;affirmation de la d\u00e9pense dans une \u00e9conomie g\u00e9n\u00e9rale ou l&rsquo;ignorance des limites via le d\u00e9ni de la d\u00e9pense dans une \u00e9conomie ferm\u00e9e ou restreinte. La premi\u00e8re suppose l&rsquo;affirmation du plaisir, de la mati\u00e8re sacr\u00e9e et de l&rsquo;\u00e9nergie, de l&rsquo;angoisse devant la mort tandis que la seconde suppose l&rsquo;affirmation \u00e9gotique de l&rsquo;utilit\u00e9 et de la croissance sans limites avec tous les dangers que cela suppose.(&#8230;) En d\u00e9pensant nous conservons. L&rsquo;\u00e9thique utopique de Bataille envisage une soci\u00e9t\u00e9 qui cr\u00e9e, construit et cro\u00eet dans et par la perte. Bataille affirme ainsi la continuation d&rsquo;une collectivit\u00e9 humaine dont l&rsquo;humanit\u00e9 est ins\u00e9parable de cette d\u00e9pense -collective et extatique- g\u00e9n\u00e9rale. Ins\u00e9parable, en d&rsquo;autres termes, de la perte de la fixation \u00e9go\u00efste sur le savoir, l&rsquo;autorit\u00e9 et m\u00eame la rassurante immortalit\u00e9 auquel le terme d&rsquo;humanit\u00e9 est en g\u00e9n\u00e9ral associ\u00e9.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Plus d\u00e9primant,  &nbsp;\u00ab\u00a0Atomic Health, or How the Bomb Altered American Notions of Death\u00a0\u00bb de Joseph Masco interroge les effets de l&rsquo;\u00e8re atomique sur les notions de sant\u00e9 et d&rsquo;hygi\u00e8ne puisque \u00ab\u00a0Le projet nucl\u00e9aire am\u00e9ricain demandait aux citoyens d&rsquo;accepter comme normales des conditions sociales qui \u00e9taient \u00e0 la fois pathologiquement ins\u00e9curisantes et intellectuellement irr\u00e9conciliables avec la sant\u00e9.\u00a0\u00bb Ce qu&rsquo;il illustre notamment par un long parall\u00e8le entre le d\u00e9ploiement de la guerre froide et le d\u00e9veloppement de la consommation d&rsquo;anti-d\u00e9presseurs, tout cela aboutissant selon lui au fait que  \u00ab\u00a0Les cons\u00e9quences sociale de la course aux armements nucl\u00e9aires ont invers\u00e9 le concept de sant\u00e9 comme absence  de maladie en le rempla\u00e7ant par une vision de plus en plus naturalis\u00e9e de la sant\u00e9 comme mort en devenir. \u00a0\u00bb Suit un po\u00e8me de Laura Watts \u00ab\u00a0The Draukie\u2019s Tale: Origin Myth for Wave Energy\u00a0\u00bb et un texte de Timothy Morton&nbsp;\u00ab\u00a0A Quake in Being\u00a0\u00bb tir\u00e9 de son livre <em>Hyperobjets. Philosophie et \u00e9cologie apr\u00e8s la fin du monde<\/em> (paru aux \u00e9ditions de la Cit\u00e9 du design). <\/p>\n\n\n\n<p>On doit reconna\u00eetre au philosophe, qu&rsquo;on pr\u00e9sume \u00ab\u00a0d\u00e9rridien\u00a0\u00bb, Martin McQuillan, d&rsquo;avoir l&rsquo;air de ne pas tourner autour du pot de la question du rapport philosophie\/\u00e9nergie dans sa contribution \u00ab\u00a0Notes toward a Post-carbon Philosophy: \u201cIt\u2019s the Economy, Stupid\u201d : \u00a0\u00bb La structure sp\u00e9culative de l&rsquo;exploitation du p\u00e9trole d\u00e9coule et est d\u00e9sormais la base de la la structure de tous les investissements boursiers, immobiliers et des produits fictifs du capital aujourd&rsquo;hui. Comme dans la philosophie sp\u00e9culative, elle implique la supposition ou la th\u00e9orisation d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement futur comme pens\u00e9e du risque ou pens\u00e9e comme risque qui lie \u00e9troitement la philosophie \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie fond\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9mission de carbone. La question d&rsquo;une \u00e9conomie post-carbone est donc clairement un enjeu pour la philosophie. (&#8230;) Cela veut dire, que tandis que l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un march\u00e9 mondial et du \u00ab\u00a0libre \u00e9change\u00a0\u00bb de biens a un h\u00e9ritage philosophique provenant du premier humanisme moderne et de la pens\u00e9e des lumi\u00e8res, notre compr\u00e9hension pr\u00e9sente de l&rsquo;\u00e9change, de la dette et de la foi passe par le p\u00e9trole. Parler d&rsquo;une \u00e9conomie post-carbone pourrait de fait consister \u00e0 dire quelque chose d&rsquo;assez radical, compte tenu de notre situation actuelle o\u00f9 notre existence est si intens\u00e9ment d\u00e9pendante du prix du p\u00e9trole. Parler d&rsquo;une \u00e9conomie industrialis\u00e9e sans prix du p\u00e9trole pourrait signifier d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 le passage d&rsquo;un signifiant transcendental \u00e0 un autre, comme l&rsquo;or a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le p\u00e9trole et comme ce dernier pourrait \u00eatre remplac\u00e9 par le commerce de plutonium recycl\u00e9. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, il existe ici l&rsquo;opportunit\u00e9 de comprendre l&rsquo;\u00e9conomie comme une exp\u00e9rience de la diff\u00e9rence et comme une rencontre avec le compl\u00e9tement autre. Cela n\u00e9cessiterait une autre compr\u00e9hension de l&rsquo;\u00e9conomie,  qui ne serait pas d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l&rsquo;utilisation de la richesse.\u00a0\u00bb A ces voeux pieux succ\u00e8de un texte douteux de Roy Scranton \u00ab&nbsp;Learning How to Die in the Anthropocene\u00a0\u00bb qui \u00e9tablit un parall\u00e8le entre l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;auteur comme bidasse dans les troupes d&rsquo;occupation am\u00e9ricaines en Irak et les d\u00e9sordres climatiques en cours et \u00e0 venir et un texte de Dale Jamieson &nbsp;\u00ab\u00a0Ethics for the Anthropocene\u00a0\u00bb dont l&rsquo;oeuvre est abondamment comment\u00e9e en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab\u00a0We Have Always Been Post-Anthropocene: The Anthropocene Counterfactual\u00a0\u00bb, Claire Colebrook offre une dense quoique parfois absconse (et en tout cas difficile \u00e0 r\u00e9sumer) r\u00e9flexion sur la diff\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;aune du f\u00e9minisme et de l&rsquo;anthropocene. Lui succ\u00e8dent un extrait de l&rsquo;introduction de Karen Pinkus \u00e0 son <em>Fuel : A Speculative Dictionary<\/em> et &nbsp;\u00ab\u00a0Excerpt from Cyclonopedia: Complicity with Anonymous Materials\u00a0\u00bb de Reza Negarestani qui est un long parall\u00e8le verbeux entre les destins du p\u00e9trole et de la religion : \u00ab\u00a0Il semble donc que le processus techno-capitaliste de d\u00e9sertification par la guerre contre le terrorisme et l&rsquo;\u00e9thique du d\u00e9sert du monoth\u00e9isme radical convergent tous deux autour du p\u00e9trole comme objet de production, un pivot de la terreur, un carburant, un lubrifiant politico-\u00e9conomique et une entit\u00e9 dont la vie est directement connect\u00e9e \u00e0 la terre. Tandis que pour le techno-capitalisme occidental le d\u00e9sert permet l&rsquo;essor des machines de guerre et de l&rsquo;hyperconsommation du capitalisme (&#8230;) pour le Jihad le p\u00e9trole est un catalyseur pour acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;essor du royaume, le d\u00e9sert. Donc pour le Jihad, le d\u00e9sert se trouve \u00e0 la fin du pipeline.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me partie \u00ab\u00a0The Aesthetics of Petrocultures\u00a0\u00bb part du constat que \u00ab\u00a0La reconnaissance grandissante des voies complexes par lesquelles la culture a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e et marqu\u00e9e par l&rsquo;\u00e9nergie a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 certains des travaux les plus saisissants et originaux dans les \u00ab\u00a0Energy Humanities\u00a0\u00bb et promettent de changer \u00e0 la fois l&rsquo;analyse culturelle et l&rsquo;expression culturelle au XXIe si\u00e8cle. \u00a0\u00bb Sans, certes !, partager ce pronostic triomphaliste, il est vrai que c&rsquo;est surtout dans ce domaine que les \u00ab\u00a0Energy Humanities\u00a0\u00bb semblent tracer une voie originale et pertinente \u00e0 rebours des assemblages plut\u00f4t confus qui composent les trois pr\u00e9c\u00e9dentes parties. Comme dans ces derni\u00e8res, il y a ici des po\u00e8mes ( \u00ab&nbsp;Poems from Endangered Hydrocarbons\u00a0\u00bb de Lesley Battler&nbsp;\u00bb, \u00ab\u00a0Poems from Shale Play\u00a0\u00bb de Julia Kasdorf, \u00ab\u00a0Excerpt from The Polymers\u00a0\u00bb de Adam Dickinson), des extraits de classique ( <em>Cit\u00e9 de Sel<\/em> de Abdul Rahman Munif), une nouvelle ( \u00ab\u00a0An Athabasca Story\u00a0\u00bb de Warren Cariou) ainsi qu&rsquo;un extrait de l&rsquo;article pionnier de Amitav Ghosh \u00ab\u00a0Petrofiction: The Oil Encounter and the Novel\u00a0\u00bb. On trouve \u00e9galement un certain nombre de r\u00e9flexions sur le rapport de l&rsquo;art contemporain \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie. Dans  \u00ab\u00a0Petro-Melancholia: The BP Blowout and the Arts of Grief\u00a0\u00bb de Stephanie LeMenager avance que \u00a0\u00bb d\u00e9coupler la m\u00e9moire corporelle humaine des infrastructures qui l&rsquo;ont soutenue pourrait bien \u00eatre le principal enjeu pour un r\u00e9cit \u00e9cologique au service de la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine au del\u00e0 du XXIe si\u00e8cle\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0This Is Not a Pipeline: Thoughts on the Politico-aesthetics of&nbsp;Oil\u00a0\u00bb est un int\u00e9ressant dialogue entre l&rsquo;artiste suisse Ursula Biemann et l&rsquo;universitaire Andrew Pendakis autour de son oeuvre <em>Black Sea Files <\/em>( visionnable sur <a href=\"https:\/\/vimeo.com\/156098465\">Vimeo<\/a>) et de la repr\u00e9sentation du p\u00e9trole, o\u00f9 Biemann note \u00a0\u00bb Se d\u00e9barrasser de la perspective anthropocentrique sur le monde dans laquelle tout est transform\u00e9 en ressource pour les humains est profond\u00e9ment li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;acte de repr\u00e9senter comme moyen de d\u00e9placer le d\u00e9bat de l&rsquo;objet p\u00e9trole, eau ou or \u00e0 la signification culturelle que cette chose a pour nous\u00a0\u00bb. Enfin dans \u00ab\u00a0What Does the Culture of Stewardship Look Like ?\u00a0\u00bb Barry Lord, cherche, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, ce que serait un art de l&rsquo;\u00e8re des \u00ab\u00a0\u00e9nergies renouvelables\u00a0\u00bb \u00e9voquant pour ce faire tant l'\u00a0\u00bbarte povera\u00a0\u00bb que Marina Abramovic. <\/p>\n\n\n\n<p>Le second volet de textes th\u00e9oriques porte sur la litt\u00e9rature avec notamment la surprenante contribution de Patricia Yaeger \u00ab\u00a0Literature in the Ages of Wood, Tallow, Coal, Whale Oil, Gasoline, Atomic Power, and Other Energy Sources\u00a0\u00bb. Le texte est en quelque sorte un manifeste pour une \u00e9tude des fictions sous l&rsquo;angle de l&rsquo;\u00e9nergie : \u00ab\u00a0Au lieu de diviser les oeuvres litt\u00e9raires en intervalles de cent ans ( ou selon des variantes \u00e9lastiques comme le long XVIIIe ou XXe si\u00e8cle) ou avec des cat\u00e9gories exploitant l&rsquo;histoire des id\u00e9es ( Romantisme, Lumi\u00e8res), qu&rsquo;arriverait-il si on classait les textes par les sources d&rsquo;\u00e9nergie qui les ont rendu possible. Cela voudrait dire aligner les m\u00e9ditations de l&rsquo;immigrant de Roth sur l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 avec les r\u00eaveries bourgeoises de Henry Adams sur le \u00ab\u00a0dynamo et la vierge\u00a0\u00bb ou comparer les obsessions carbonif\u00e8res de David avec celle de Paul, le fils de mineur dans <em>Sons and Lovers <\/em>de D.H. Lawrence. Nous pourrions juxtaposer les personnages utilisant du suif comme combustible de Dickens avec ceux de Shakespeare ou \u00e9tablir les liens n\u00e9cessaires entre les combustibles utilis\u00e9s pour cuisiner et se chauffer dans <em>L&rsquo;Odyss\u00e9e<\/em> et dans <em>Cent ans de solitude<\/em>.\u00a0\u00bb Cette perspective est poursuivie par Graeme Macdonald dans \u00ab\u00a0The Resources of Fiction\u00a0\u00bb : \u00a0\u00bb La fiction, dans ses diff\u00e9rents modes, genres et histoires, offre un r\u00e9servoir important ( et relativement peu sollicit\u00e9 jusqu&rsquo;ici) pour les chercheurs s&rsquo;int\u00e9ressant \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie pour d\u00e9montrer comment, \u00e0 travers les \u00e9poques successives, des formes particuli\u00e8res d&rsquo;\u00e9nergie cr\u00e9ent une culture pr\u00e9dominante ( mais aussi parfois alternative) de l&rsquo;existence, de l&rsquo;imagination du monde, organisant et permettant un mode pr\u00e9valent de vie, de pens\u00e9e, de mouvement, d&rsquo;habitat et de travail. Dans la modernit\u00e9 industrielle cette culture a \u00e9t\u00e9 principalement d\u00e9pendante de l&rsquo;extraction de combustibles fossiles. La mesure dans laquelle ce r\u00e9gime \u00e9nerg\u00e9tique a \u00e0 la fois encourag\u00e9 et d\u00e9pendu d&rsquo;une culture de l&rsquo;extraction constitue un champ d&rsquo;investigation prometteur. Pourtant il reste \u00e0 questionner ce qui doit \u00eatre effectivement caract\u00e9ris\u00e9 comme une production culturelle extractive. Comme je vais le montrer, la conscience fictionnelle offre plus que des histoires sur les types et les syst\u00e8mes \u00e9nerg\u00e9tiques. Elle \u00e9tablit un moyen de r\u00e9flechir sur &#8211; et potentiellement de d\u00e9construire- les formidables capacit\u00e9s de repr\u00e9sentation du capital \u00e9nerg\u00e9tique, notamment sa mise en r\u00e9cit de la n\u00e9cessit\u00e9 naturelle du p\u00e9trole pour le fonctionnement du syst\u00e8me social. Le syst\u00e8me sophistiqu\u00e9 de signifiance du p\u00e9trole est ainsi parvenu \u00e0 maintenir la position de marchandise ur-f\u00e9tichis\u00e9e du capitalisme globalis\u00e9 moderne de celui-ci.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l&rsquo;avons signal\u00e9 plus haut, \u00e0 l&rsquo;issue de la lecture de cette anthologie, certes divertissante puisqu&rsquo;on passe en quelque sorte du coq \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne et ce d&rsquo;ailleurs sans que la r\u00e9alit\u00e9 ne soit beaucoup sollicit\u00e9e si ce n&rsquo;est sous la forme de grands concepts m\u00e9ta-historicis\u00e9s qui autorisent tous les d\u00e9veloppements incantatoires, on constate c&rsquo;est surtout du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;analyse esth\u00e9tique que les \u00ab\u00a0Energy Humanities\u00a0\u00bb semblent en mesure d&rsquo;apporter du neuf&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Faute de temps et de courage nous ne rendrons finalement pas compte ici du volume <em>Energopolitics : Wind and Power in the Anthropocen<\/em>e (Duke University Press, 2019) o\u00f9 Dominic Boyer pr\u00e9sente \u00e0 la fois une r\u00e9flexion th\u00e9orique sur les apports \u00e9ventuels de l&rsquo;anthropologie \u00e0 l&rsquo;analyse de l&rsquo;anthropocene et les notions de capital, de biopouvoir et d&rsquo;energo-pouvoir, et  une enqu\u00eate ethnographique men\u00e9e sur le fameux isthme de Tehuantepec dans l&rsquo;\u00c9tat de Oaxaca au Mexique, o\u00f9 l&rsquo;auteur constate que \u00ab\u00a0pour comprendre la politique \u00e9olienne contemporaine dans l&rsquo;isthme de Tehuantepec, on doit comprendre, parmi d&rsquo;autres choses, l&rsquo;histoire contest\u00e9e de la propri\u00e9t\u00e9 de la terre, du <em>caciquismo<\/em> et des mouvements d&rsquo;opposition des \u00e9tudiants\/professeurs\/ paysans\/travailleurs\/p\u00e9cheurs sp\u00e9cifiques \u00e0 la r\u00e9gion ; le statut fantasmatique de la souverainet\u00e9 \u00e9tatique au sein du f\u00e9d\u00e9ralisme mexicain; les r\u00e9seaux client\u00e9listes  et les machinations corporatistes des partis politiques mexicains ; les h\u00e9ritages de la colonisation de peuplement ; un gouvernement f\u00e9d\u00e9ral anxieux devant l&rsquo;\u00e9puisement de son p\u00e9tropouvoir et le changement climatique ; et une entreprise de production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 para-\u00e9tatique vuln\u00e9rable tentant d&rsquo;assurer son avenir dans une \u00e8re de \u00ab\u00a0r\u00e9forme de l&rsquo;\u00e9nergie\u00a0\u00bb. Ces forces sont tout aussi importantes dans la politique \u00e9olienne du Mexique que les processus et dynamiques que saisissent partiellement des concepts comme le capital ( sic! Ndt), le biopouvoir et l&rsquo;\u00e9nergo-pouvoir. <em>Energopolitics<\/em> est donc une invitation urgente \u00e0 la th\u00e9orie politique de  l&rsquo;anthropocene \u00e0 se  reconstruire via une processus de r\u00e9cherche sur le terrain et de r\u00e9flexion ethnographiques.\u00a0\u00bb <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Energy Humanities : an Anthology, \u00e9dit\u00e9 par Imre Szeman et Dominic Boyer, John Hopkins University Press, 2017. On ignore si la cr\u00e9ation de courants transdisciplinaires et transnationaux autour d&rsquo;un concept ad-hoc est effectivement une nouveaut\u00e9 ou une tendance lourde dans le monde universitaire mais si c&rsquo;est le cas, les \u00ab\u00a0Energy Humanities\u00a0\u00bb pourront certes appara\u00eetre comme&#8230; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/2021\/04\/06\/rapide-coup-doeil-aux-energy-humanities\/#more-434\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":435,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[19],"tags":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/434"}],"collection":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=434"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/434\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":501,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/434\/revisions\/501"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/media\/435"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=434"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=434"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/toiledelavie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=434"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}