Description
« Voilà une tentative d’accrocher ailleurs que sur une page les pensées de la marche. Paris livrée aux déambulations solitaires et cursives, comme sur un parchemin, est d’ailleurs reçue en héritage. La marche, legs de l’errance et des migrations familiales, est ici un mode d’éducation, l’enseignement d’un père arpenteur infatigable des boulevards, des rues et ruelles, promeneur au long cours… L’espace citadin de la poésie est ainsi dans le lacet minéral des rues de Paris ; d’autres poètes ont laissé les traces de leurs pas, de leurs amours et de leurs deuils. Le rythme de la marche s’accorde aux bruissements des mots. La foule muette, saisie au corps du marcheur, impose sa cadence aux figures d’une langue mémorielle, celle des cœurs, des morts, des pierres, des cimetières et des guerres promises. Car la ville en jachère n’est pas livrée à la belle nature, elle dit que la mort tient toujours ses promesses à ses proies… Quelques embruns apaisants viennent peut-être de Naples ou de la montagne suisse, où d’antiques splendeurs suspendent les promesses d’une aube terrible. L’inattente ne se défait pas de l’attente. Voilà l’attente vacillante de l’Éternel, eschatologique, presque : « la fin des temps de l’amour sans beauté » … »
Charles Illouz
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MAUVAIS SANG
Collection dirigée par Abdul Kader El Janabi
Plus de mots (A. R.)
Pour le poète moderne, la seule réussite réside dans l’expression de son noyau cosmopolite créatif, dans la mixité poétique de rencontres neuves qui dépassent les limites imposées par la langue. Ce dessein langagier traque l’essence d’une volonté universelle. Foin de sanctuaire poétique, sur les feuilles, sur les écrans et sur les murs, ton nom demeure : poème.
Chaque époque invite les poètes et leur esprit frappeur à délivrer des messages lucides. Cesserons-nous de cuisiner des truismes et de maigres mots déjà trop cuits ? Nous ne renonçons pas aux festins ! Nous devons apprêter de fortifiants vocables, implacables et tendres, des chairs délicates et coriaces, négativement poétiques. En un mot comme en deux, en effet, voilà notre formule : plus de mots.



