{"id":164,"date":"2018-03-02T19:35:01","date_gmt":"2018-03-02T18:35:01","guid":{"rendered":"http:\/\/nannu.blog\/?p=164"},"modified":"2018-03-02T19:35:01","modified_gmt":"2018-03-02T18:35:01","slug":"feminisme-et-utopie-chez-trois-figures-de-la-reforme-des-cent-jours-de-1898-3-tan-sitong","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/feminisme-et-utopie-chez-trois-figures-de-la-reforme-des-cent-jours-de-1898-3-tan-sitong\/","title":{"rendered":"F\u00e9minisme et utopie chez trois figures de la \u00ab\u00a0R\u00e9forme des cent jours\u00a0\u00bb de 1898 (3)\u00a0: Tan Sitong"},"content":{"rendered":"<p>Figure la plus radicale et la plus tragique de la \u00ab\u00a0R\u00e9forme des cent jours\u00a0\u00bb, Tan Sitong est n\u00e9 dans le Hunan en 1865. Apr\u00e8s de longues \u00e9tudes et de nombreux voyages dans toute la Chine, il se rapproche de Kang Youwei et de ses id\u00e9es et participe activement aux d\u00e9buts de la \u00ab\u00a0r\u00e9forme\u00a0\u00bb dans sa r\u00e9gion d&rsquo;origine. Celle-ci prit rapidement un tour qui finit par inqui\u00e9ter les vieilles \u00e9lites, jusque l\u00e0 plut\u00f4t bienveillantes. <!--more-->Comme le retrace Liyan Liu dans son chapitre consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9forme dans le Hunan de son livre <i>Red Genesis: The Hunan First Normal School and the Creation of Chinese Communism, 1903\u20131921<\/i><i>\u00a0<\/i>: \u00ab\u00a0De nouvelles associations avec des objectifs plus sp\u00e9cifiques pr\u00f4naient une r\u00e9forme du mariage, une interdiction du bandage des pieds et une forme de programme de lib\u00e9ration des femmes. Les jeunes r\u00e9formateurs mettaient en cause les normes sociales de base et le style de vie m\u00eame de la gentry. (&#8230;) Quoique les jeunes r\u00e9formateurs aient cherch\u00e9 intens\u00e9ment dans l&rsquo;histoire chinoise des pr\u00e9c\u00e9dents de r\u00e9forme, certaines de leurs th\u00e9ories et id\u00e9es radicales commenc\u00e8rent \u00e0 alarmer les membres les plus puissants et les plus orthodoxes de l&rsquo;\u00e9lite hunanaise. Si, \u00e0 l&rsquo;origine, ils soutenaient la r\u00e9forme, quand ils r\u00e9alis\u00e8rent comment les id\u00e9es de Kang Youwei et des jeunes r\u00e9formateurs mena\u00e7aient leurs valeurs et les institutions\u00a0centrales de l&rsquo;ordre social, ils finirent par s&rsquo;y opposer. Selon ces critiques, les r\u00e9formes et les id\u00e9es des radicaux ne visaient pas \u00e0 un renforcement d\u00e9fensif de la Chine, mais subvertissaient de fa\u00e7on agressive les traditions chinoises et ouvraient la voie \u00e0 des changements r\u00e9volutionnaires dans l&rsquo;ordre social.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9forme s&rsquo;\u00e9tant, du fait de ces oppositions, enlis\u00e9e dans le Hunan, Tan Sitong rejoint alors Kang Youwei and Liang Qichao \u00e0 P\u00e9kin. Lors du coup d&rsquo;\u00c9tat qui renverse les r\u00e9formateurs, il refuse de prendre la fuite et se laisse arr\u00eater. Comme le rapporte Liang Qichao dans <a href=\"https:\/\/www.cuhk.edu.hk\/rct\/pdf\/e_outputs\/b15\/v15p139.pdf\">l&rsquo;article<\/a> qu&rsquo;il lui a consacr\u00e9, Tan d\u00e9clara alors\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Dans aucun pays une r\u00e9forme n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e sans effusion de sang. En Chine jusqu&rsquo;ici personne n&rsquo;a vers\u00e9 son sang pour la cause de la r\u00e9forme et c&rsquo;est pourquoi cette nation ne prosp\u00e8re pas. Commen\u00e7ons avec moi.\u00a0\u00bb Il fut d\u00e9capit\u00e9 le 28 septembre 1898 avec cinq autres \u00ab\u00a0gentlemen des cent jours\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de trente trois ans. Sa femme Li Run, apprenant la nouvelle se jeta dans une rivi\u00e8re, secourue elle s&rsquo;enfon\u00e7a un poignard dans le cou d\u00e8s qu&rsquo;elle eut repris ses esprits et mourut de ses blessures peu apr\u00e8s, reproduisant paradoxalement la geste des veuves pr\u00e9f\u00e9rant suivre leurs maris dans la mort, tant vant\u00e9e par la tradition, alors m\u00eame que, selon Ono Kazuko, elle avait anim\u00e9 un groupe d&rsquo;\u00e9ducation des femmes.<\/p>\n<p>Avant de s&rsquo;impliquer dans l&rsquo;action politique, Tan Sitong avait r\u00e9dig\u00e9 en 1897 un livre <i>Renxue <\/i>( le livre de la bienveillance, certains auteurs traduisent livre de l&rsquo;humanit\u00e9) qui allait avoir une grande influence par la suite. <span style=\"font-size: medium\">Xiaosui Xiao dans son article <\/span><a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1080\/00335639609384139\"><span style=\"font-size: medium\"><i>\u00ab\u00a0From the hierarchical ren <\/i><\/span><\/a><a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1080\/00335639609384139\"><span style=\"font-size: medium\"><i>to egalitarianism: A case of cross<\/i><\/span><\/a><a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1080\/00335639609384139\"><span style=\"font-size: medium\"><i>\u2010<\/i><\/span><\/a><span style=\"font-size: medium\"><i><a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1080\/00335639609384139\">cultural rhetorical mediation\u00a0\u00bb<\/a> <\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">indique ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est une des \u0153uvres qui a le plus circul\u00e9 parmi les r\u00e9formateurs radicaux et les r\u00e9volutionnaires au tournant du XX\u00e8me si\u00e8cle. Ce trait\u00e9 eut une influence directe sur les activit\u00e9s r\u00e9volutionnaires qui men\u00e8rent au renversement de l&rsquo;Empire en 1911 et \u00e0 la proclamation de la R\u00e9publique. On l&rsquo;a aussi qualifi\u00e9 de pr\u00e9curseur de la culture iconoclaste de l&rsquo;\u00e8re du 4 mai (1915-1925) (\u2026) D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, m\u00eame les communistes chinois subirent l&rsquo;influence de la pens\u00e9e de Tan.\u00a0\u00bb <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium\">Si on retrouve le m\u00eame d\u00e9marche que chez Kang Youwei, c&rsquo;est \u00e0 dire le recours \u00e0 certains concepts centraux du confucianisme, l&rsquo;influence du bouddhisme et du christianisme, <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>Renxue <\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">se distingue par les nombreuses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la science moderne que Tan Sitong avait \u00e9tudi\u00e9 de tr\u00e8s pr\u00e8s. On retrouve ainsi cette superposition d&rsquo;influences dans la description du principe du monde que donne Tan Sitong au d\u00e9but de son livre :\u00a0\u00ab\u00a0A travers l&rsquo;espace, la vie et le dharmadhatu ( mot sanskrit d\u00e9signant dans le Bouddhisme Mahayana la r\u00e9alit\u00e9 ultime) il y a une chose qui est infiniment grande et infiniment subtile, p\u00e9n\u00e9trant, connectant, adh\u00e9rant \u00e0 et emplissant tout. Elle n&rsquo;a pas de couleur, ne fait pas de bruit, n&rsquo;a pas d&rsquo;odeur ni de go\u00fbt, et n&rsquo;a donc pas de nom ou alors on l&rsquo;appelle simplement l\u2019\u00e9ther. Pour ce qui est de son expression pratique, Confucius l&rsquo;appelle <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>ren, yuan et xing, <\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">Mozi l&rsquo;appelle <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>jian&rsquo;ai<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">, le bouddhisme l&rsquo;appelle <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>xinghai <\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">et <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>cibei\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">; le christianisme l&rsquo;appelle l&rsquo;\u00e2me ou \u00ab\u00a0aime ton prochain comme toi m\u00eame\u00a0\u00bb (\u2026)\u00a0; les scientifiques l&rsquo;appellent attraction et gravitation. Ils se r\u00e9f\u00e8rent tous \u00e0 la m\u00eame chose.\u00a0\u00bb Pour Tan Sitong le principe crucial c&rsquo;est l\u2019interconnexion (<\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>tong<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">) de tout, principe de l&rsquo;unit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale qui se manifeste dans l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de tous\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 signifie l&rsquo;unit\u00e9. Quand il y a unit\u00e9, il y a interconnexion. Quand il y a interconnexion, il y a humanit\u00e9.\u00a0\u00bb. Comme le r\u00e9sume <\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">David Wright dans son article<\/span><\/span> <a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/619320%20.\">\u00ab\u00a0<\/a><a href=\"http:\/\/www.jstor.org\/stable\/619320%20.\">Tan Sitong and the Ether Reconsidered\u00a0\u00bb<\/a><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><i>\u00a0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">:\u00a0\u00ab\u00a0En soulignant l&rsquo;unit\u00e9 de toutes choses, Tan pouvait d\u00e9montrer que le syst\u00e8me monarchique avec son organisation hi\u00e9rarchique de la soci\u00e9t\u00e9, son insistance sur l&rsquo;\u00c9tat-nation, allait \u00e0 l&rsquo;encontre de la vraie nature des choses, qui est \u00ab\u00a0qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de barri\u00e8re entre soi et les autres\u00a0\u00bb. En reconnaissant la vraie nature du monde, le <\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><i>ren, <\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">la \u00ab\u00a0bienveillance\u00a0\u00bb qui nous lie tous (\u2026) pourra devenir la base d&rsquo;une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;individus qui ne seront plus divis\u00e9s selon les fausses cat\u00e9gories des noms \u00ab\u00a0utilis\u00e9s<\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"> par les dirigeants pour contr\u00f4ler leurs sujets, par les bureaucrates pour contr\u00f4ler le peuple, par les p\u00e8res pour r\u00e9primer leurs fils et les maris pour opprimer leurs femmes ou que les fr\u00e8res et les amis se choisissent pour s&rsquo;opposer les uns aux autres.\u00a0\u00bb (<\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><i>Ren xue<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">)\u00a0\u00bbToutes les limites qui entravent les individus, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du genre, de la nation ou de la classe doivent donc \u00eatre rejet\u00e9s. On retrouve chez Tan Sitong les m\u00eames accents utopiques que chez Kang Youwei\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Si il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;\u00c9tats, les guerres cesseraient, les jalousies s&rsquo;\u00e9teindraient, les conspirations seraient abandonn\u00e9es, les distinctions de personnes seraient supprim\u00e9es, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 (<\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><i>pingdeng) <\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">pr\u00e9vaudrait. (\u2026) Si les monarques \u00e9taient abolis, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 sociale serait instaur\u00e9e\u00a0; avec le triomphe des principes universels, la richesse serait distribu\u00e9e \u00e9galement entre tous. Peu importe la taille qu&rsquo;un territoire pouvait avoir, toutes les personnes appartiendront \u00e0 une m\u00eame famille et serons comme une seule et m\u00eame personne. Chacun consid\u00e9rera sa famille comme une sorte d\u2019h\u00f4tel et tous les autres comme des jumeaux.\u00a0\u00bb <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">Tan Sitong s&rsquo;en prend notamment au principe fondateur du confucianisme c&rsquo;est \u00e0 dire les trois d\u00e9pendances, celles qui lient le sujet \u00e0 son souverain, la femme \u00e0 son mari, le fils \u00e0 son p\u00e8re\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Pour Tan les deux d\u00e9pendances familiales du p\u00e8re et du fils et de la femme et du mari \u00e9taient aussi corruptrices et r\u00e9pressives que la relation politique entre le sujet et le souverain.(&#8230;) Il appelait donc \u00e0 mettre \u00e0 bas le syst\u00e8me des trois d\u00e9pendances et par l\u00e0 \u00e0 d\u00e9truire de l&rsquo;ordre politique et social traditionnel chinois.\u00a0\u00bb (<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">Hao chang <\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><i>Intellectual Change and the Reform Movement <\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">in <\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><i>Cambridge History of China) <\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">De m\u00eame, des cinq relations qui organisent la soci\u00e9t\u00e9 dans le confucianisme <span style=\"color: #000000\">( <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">Souverain \/ Sujet\u00a0;<\/span> P\u00e8re \/ fils\u00a0; \u00c9poux \/\u00c9pouse\u00a0; Fr\u00e8re a\u00een\u00e9 \/ Fr\u00e8re cadet\u00a0; Ami \/ Ami ), Tan Sitong ne veut garder que la derni\u00e8re, l&rsquo;amiti\u00e9, la seule qui permette l&rsquo;\u00e9galit\u00e9. L&rsquo;amiti\u00e9 avait effectivement un statut particulier dans la pens\u00e9e traditionnelle car comme le rappelle Norman <\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">Kutchner dans <\/span><\/span><a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2652033\"><span style=\"font-size: medium\">\u00ab\u00a0<\/span><\/a><span style=\"font-size: medium\"><i><a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2652033\">The Fifth Relationship: Dangerous Friendships in the Confucian Context\u00a0\u00bb\u00a0<\/a> :\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">\u00ab\u00a0l&rsquo;amiti\u00e9\u00a0\u00e9tait un cas \u00e0 part. Les autres relations (\u2026) servaient ouvertement au maintien de la Chine comme <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>guojia<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">, litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0un \u00c9tat-famille\u00a0\u00bb, un \u00c9tat model\u00e9 sur le principe de l&rsquo;organisation familiale. Elles soulignaient les d\u00e9pendances hi\u00e9rarchiques et les obligations de d\u00e9votion mutuelle qui formaient le cadre des relations sociales confuc\u00e9ennes et devaient permettre une soumission parall\u00e8le \u00e0 la famille et \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat. (\u2026) L&rsquo;amiti\u00e9 \u00e9tait diff\u00e9rente. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas un lien familial, ni un lien \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat et elle restait donc \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du r\u00e9seau de d\u00e9votions parall\u00e8les qui liait ces relations. De plus elle \u00e9tait volontaire.\u00a0\u00bb Et de fait\u00a0: \u00ab\u00a0Le sch\u00e9ma confuc\u00e9en des rapports sociaux \u00e9tait tellement centr\u00e9 autour des besoins hi\u00e9rarchiques de l&rsquo;\u00c9tat-famille que l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 dans l&rsquo;amiti\u00e9 \u00e9tait potentiellement subversive.\u00a0\u00bb <\/span><span style=\"font-size: medium\">L\u00e0 encore, sous pr\u00e9texte d&rsquo;op\u00e9rer un sauvetage de la tradition et de moderniser le pays, se dessine en fait un programme tout \u00e0 fait original, radical et novateur\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Au lieu de construire une soci\u00e9t\u00e9 civile du type promu par beaucoup d&rsquo;\u00e9crivains europ\u00e9ens du XVIII\u00e8me, Tan Sitong soutenait qu&rsquo;il fallait d\u00e9fier et surmonter l&rsquo;\u00c9tat, la famille et m\u00eame l&rsquo;\u00e9go pour parvenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;amiti\u00e9 universelle.\u00a0\u00bb <\/span><span style=\"font-size: medium\">(<\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\">Jeng-Guo Chen <\/span><\/span><a href=\"https:\/\/harvard-yenching.org\/sites\/harvard-yenching.org\/files\/featurefiles\/CHEN%20Jeng%20Guo%20Tan%20Sitong%204.6.09.pdf\">\u00ab\u00a0<\/a><a href=\"https:\/\/harvard-yenching.org\/sites\/harvard-yenching.org\/files\/featurefiles\/CHEN%20Jeng%20Guo%20Tan%20Sitong%204.6.09.pdf\">Friendship and Equality in Tan Sitong\u2019s Concept of Pingdeng\u00a0\u00bb<\/a><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><i>)<\/i><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Figure la plus radicale et la plus tragique de la \u00ab\u00a0R\u00e9forme des cent jours\u00a0\u00bb, Tan Sitong est n\u00e9 dans le Hunan en 1865. Apr\u00e8s de longues \u00e9tudes et de nombreux voyages dans toute la Chine, il se rapproche de Kang Youwei et de ses id\u00e9es et participe activement aux d\u00e9buts de la \u00ab\u00a0r\u00e9forme\u00a0\u00bb dans sa&#8230; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/feminisme-et-utopie-chez-trois-figures-de-la-reforme-des-cent-jours-de-1898-3-tan-sitong\/#more-164\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":223,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[17],"tags":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/164"}],"collection":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=164"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/164\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/media\/223"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=164"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=164"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/nannu\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=164"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}