{"id":84,"date":"2019-12-11T11:26:19","date_gmt":"2019-12-11T10:26:19","guid":{"rendered":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/?p=84"},"modified":"2020-02-13T17:02:50","modified_gmt":"2020-02-13T16:02:50","slug":"notes-de-marx-sur-jean-phear","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/notes-de-marx-sur-jean-phear\/","title":{"rendered":"Notes de Marx sur John Budd Phear \u00ab\u00a0Le village aryen en Inde et \u00e0 Ceylan\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>En guise de compl\u00e9ment \u00e0 la traduction des notes sur Kovalevski publi\u00e9e dans le recueil, nous reproduisons ici une version remani\u00e9e de la traduction d&rsquo;un extrait des notes de Marx sur John Budd Phear <\/em>Le village aryen en Inde et \u00e0 Ceylan<em> publi\u00e9e dans le livre du Centre d&rsquo;\u00e9tudes et de recherches marxistes <\/em>Sur les soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9capitalistes, textes choisis de Marx, Engels, L\u00e9nine\u00a0<em>(1970). Ces notes \u00e9taient traduites par Eliane Fouchard depuis la version russe publi\u00e9e en 1964-65 et correspondent aux pages 261 et suivantes de l&rsquo;\u00e9dition de Krader ( la version de Fouchard &#8211; le pdf\u00a0 est \u00e0 la fin du texte- contenait notamment plusieurs erreurs que nous avons corrig\u00e9 en repartant de la transcription de Krader). Les remarques de Marx sont plac\u00e9es entre crochets quand elles interviennent dans une citation de Phear.<\/em><\/strong><\/p>\n<h3><strong>Karl Marx <\/strong><\/h3>\n<h3>Notes sur sur John Budd Phear <em>Le village aryen en Inde et \u00e0 Ceylan<\/em><\/h3>\n<p><em>Le district de Zillah en Inde <\/em>compar\u00e9 \u00e0 tort <em>\u00e0 un comt\u00e9 anglais <\/em>couvre une <em>superficie de 2 \u00e0 3000 miles carr\u00e9s <\/em>avec une population de (1 \u00e0) <em>2 millions <\/em>d&rsquo;\u00e2mes, cependant\u00a0 que\u00a0 le <em>comt\u00e9 de\u00a0 Suffolk<\/em> par exemple a une <em>superficie de 1454 miles carr\u00e9s <\/em>avec <em>une population de quelques 360 000 personnes<\/em>.<\/p>\n<p><em>Zillah<\/em> ne compte gu\u00e8re plus d&rsquo;une douzaine de fonctionnaires europ\u00e9ens (\u00a0 dont pr\u00e9s de la moiti\u00e9 ont des obligations militaires \u00e0 <em>Zillah), \u00e0 savoir : un juge, un collecteur d&rsquo;imp\u00f4ts aid\u00e9 de 3 ou 4 adjoints aux juges, un juge supr\u00eame en m\u00eame temps qu&rsquo;un juge de district, un juge r\u00e9glant les d\u00e9lits <\/em>ou juge subalterne, <em>un inspecteur de police et un m\u00e9decin militaire. (p.125) <\/em><\/p>\n<p>[Dans de rares cas seulement \u00ab\u00a0l&rsquo;un d&rsquo;eux\u00a0\u00bb poss\u00e8de v\u00e9ritablement la langue du pays\u00a0\u00bb (p.126)]<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas en Inde de collecteur d&rsquo;imp\u00f4ts [ \u00e0\u00a0 l&rsquo;exception de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 introduits lors de <em>l&rsquo;introduction de la license Tax<\/em>]; les imp\u00f4ts sont constitu\u00e9s par des pr\u00e9levements sur les<em> revenus fonciers, les timbres ( <\/em>indispensables pour chaque proc\u00e9dure judiciaire ou administrative ou pour obtenir une copie de quelconque acte judiciaire ou administratif, ou d&rsquo;un contrat ou d&rsquo;une ordonnance, etc), les <em>droits de douanes ou accise ( <\/em>qui rench\u00e9rissent le <em>tari et le <\/em>sel pour le Ryot ). R\u00e9cemment, <em>les imp\u00f4ts se sont accrus<\/em> du fait de la cr\u00e9ation <em>d&rsquo;un p\u00e9age<\/em> et d&rsquo;une <em>petite augmentation proportionnelle de la rente que verse chaque ryot<\/em> \u00e0 son collecteur d&rsquo;imp\u00f4ts et ce dernier au gouvernement (p.128-129)<\/p>\n<p><em>Une partie de la rente\u00a0<\/em>que chaque cultivateur paie pour son lopin, revient au gouvernement sous la forme de<em> taxes fonci\u00e8res<\/em>; le gouvernement re\u00e7oit 20 1\/2 millions de livres sterling par an sous la forme de taxes fonci\u00e8res. (p.133) Avant le <em>Bengal Settlement <\/em>de 1793, le zamindar n&rsquo;\u00e9tait, comme on le sait, que le collecteur d&rsquo;imp\u00f4ts et non propri\u00e9taire. Le niais Phear dit : \u00ab\u00a0La surface du domaine du zamindar couvrait de vastes r\u00e9gions du pays et \u00e9tait estim\u00e9e non pas en<em> bighas<\/em>, mais en <em>communaut\u00e9s d&rsquo;hommes-mauzahs<\/em>.\u00a0\u00bbOn ne donnait pass le nom de rente \u00e0 ses \u00ab\u00a0revenues financiers\u00a0\u00bb, on les appelait <em>jamas<\/em> (redevances); elles \u00e9taient pr\u00e9lev\u00e9es dans les villages entrant dans le domaine du zamindar, <em>ses actifs<\/em> \u00ab\u00a0\u00e9taient constitu\u00e9s par les jamas pr\u00e9lev\u00e9es sur des domaines <em>sous-afferm\u00e9es<\/em> et par des redevances per\u00e7ues dans les villages.\u00a0\u00bb (p.135) Le\u00a0 kachari villageois du zamindar [ d\u00e9j\u00e0 avant les anglais]\u00a0 \u00e9tait <em>un bureau<\/em> situ\u00e9 dans <em>chaque mauzah<\/em>; il comportait un <em>chef,<\/em> un <em>comptable<\/em> et un agent de terrain. [Ils remplissaient les fonctions de collecteur d&rsquo;imp\u00f4ts du zamindar &#8211; telles qu&rsquo;\u00e9num\u00e9r\u00e9es plus haut]. Les kachahris\u00a0\u00a0 de 5 ou 6 mauzahs selon la taille respective de ces derniers,\u00e9tait supervis\u00e9e par Un chef, appel\u00e9 takshildar qui poss\u00e9dait son propre kachahri et les livres et papiers duplicata des livres et papiers des mauzah\u00a0 kachahris. Les redevances per\u00e7ues par les fonctionnaires villageois du <em>kachahri<\/em> lui \u00e9taient remises et il les transmettait au fonctionnaire au dessus-de lui. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;argent arrivait in fine au propre <em>kachahri<\/em> du <em>zamindar; <\/em>il en pr\u00e9levait une partie pour payer l&rsquo;imp\u00f4t que le zamindar devait \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat, il\u00a0 se r\u00e9servait le reste (p.138). C&rsquo;est ainsi que chaque interm\u00e9diaire repr\u00e9sentait \u00e0 plus petite \u00e9chelle le sommet d&rsquo;un \u00e9difice parfaitement identique par la forme et la composition \u00e0 l&rsquo;\u00e9difice principal. La moindre perturbation dans ce syst\u00e8me pouvait provoquer son d\u00e9tachement et lui donner l&rsquo;autonomie ou le placer en position subsidiaire (p.139). [<em>voir aussi Hunter: Orissa<\/em>]. Bien avant l&rsquo;arriv\u00e9e des anglais la simplicit\u00e9 originelle du syst\u00e8me zamindari avait disparue; il y avait des syst\u00e8mes de <em>zamindar <\/em>et de<em> taluq <\/em>de diff\u00e9rents ordres et aux d\u00e9signations diff\u00e9rentes qui <em>payaient directement les imp\u00f4ts au gouvernement; <\/em>au sein de ces syst\u00e8mes on rencontrait encore des <em>domaine et des taluq,\u00a0<\/em> convertis d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de la machine unique de collecte des redevances en des entit\u00e9s semi ind\u00e9pendantes et qui payaient de ce fait une <em>jama convenue pr\u00e9alablement directement au\u00a0 kachahri principal<\/em> plut\u00f4t que de faire parvenir le redevances collect\u00e9es par les voie habituelles. (p.141)<\/p>\n<p>[Progressivement], chaque <em>maha<\/em>l ou domaine d&rsquo;un subordonn\u00e9 payant la <em>jama <\/em>\u00e9tait bient\u00f4t converti en un zamindari en miniature o\u00f9 l&rsquo;on percevait les fameuses <em>jamas<\/em> au lieu [d&rsquo;une partie] des redevances, le reliquat de celles-ci \u00e9tant collect\u00e9 par l&rsquo;ancienne machinerie. <em>Les dons de terres incultes ou concessions<\/em> furent \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;apparition des <em>taluqs<\/em> en tant que <em>jaghir<\/em> \u00e0 la fois d\u00e9pendants et ind\u00e9pendants, et par la m\u00eame offerts pour le service.\u00a0 ( pp. 141-142)<\/p>\n<p>A l&rsquo;int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 rurale elle-m\u00eame &#8211; pour ce qui concerne <em>l&rsquo;occupation des terres<\/em>&#8211; se d\u00e9roulait un processus analogue. Les principaux fonctionnaires des <em>amla des zamindars et les chefs ryots<\/em> ( mandal), ou tout autre personnage influent et privil\u00e9gi\u00e9 tel que les<em> brahmanes<\/em>, \u00e9taient\u00a0 reconnus comme <em>des propri\u00e9taires remplissant certaines conditions et ayant certains privil\u00e8ges, poss\u00e9dant de vastes \u00e9tendues de terres communales, plus vastes que ce qu&rsquo;ils pouvaient\u00a0 cultiver ou ce qu&rsquo;ils cultivaient effectivemen<\/em>t. Ces derni\u00e8res&#8230; ils les <em>sous-affermaient<\/em> en partie\u00a0 ou en totalit\u00e9; c&rsquo;est ce qui donnait naissance \u00e0 <em>la diversit\u00e9 des \u00ab\u00a0jots\u00a0\u00bb<\/em> et des biens des ryot (p.142). Avant la l\u00e9gislation de 1793, les <em>fermiers interm\u00e9diaires<\/em> conservaient leurs biens tels qu&rsquo;ils existaient alors <em>en vertu de l&rsquo;usage<\/em> et gr\u00e2ce au pouvoir et \u00e0\u00a0 l&rsquo;influence personnelle du d\u00e9tenteur. Sous l&rsquo;arbitrage de\u00a0 la communaut\u00e9 rurale &#8211; panchayat et amla du zamindar , on administrait suivant <em>l&rsquo;usage<\/em> les lots des ryots et les jots; tout <em>\u00e9tait fond\u00e9 sur la coutume<\/em>, il n&rsquo;y \u00e9tait aucunement question des <em>droits personnels du propri\u00e9taire<\/em>\u00a0 (pp.142-143). La transformation des<em> zamindars<\/em>\u00a0 &#8211;\u00a0 par ces filous et ces \u00e2nes d&rsquo;anglais &#8211; <em>en propri\u00e9taire priv\u00e9s\u00a0<\/em> avait transform\u00e9 par l\u00e0-m\u00eame ( et si ce n&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;instigation de ces \u00e2nes) <em>les parts des interm\u00e9diaires en droits<\/em> sur la terre et le propri\u00e9taire d&rsquo;une de ces parts pouvait hypoth\u00e9quer ou ali\u00e9ner la terre dans la limite de ce droit; son bien propre pouvait prendre \u00e0 nouveau la forme indienne complexe <em>de la succession indivise<\/em> (pp. 147-148).<\/p>\n<p>Le bien de l&rsquo;interm\u00e9diaire, ou part des redevances du zamindar qui lui est inf\u00e9rieur et qui paie des redevances, est en r\u00e9alit\u00e9 un droit de percevoir des redevances sur les propri\u00e9taires terriens et de pr\u00e9lever la <em>jama<\/em> sur les <em>d\u00e9tenteurs inf\u00e9rieurs<\/em> de la r\u00e9gion donn\u00e9e apr\u00e8s versement de sa propre<em> jama<\/em> au propri\u00e9taire directement sup\u00e9rieur (p.148). Le <em>bien de l&rsquo;interm\u00e9diaire<\/em>, <em>quel que soit le degr\u00e9<\/em> auquel il se trouve,\u00a0 est ainsi pr\u00e9sent\u00e9 de fa\u00e7on importante\u00a0 dans le <em>livre de comptes<\/em> et expos\u00e9 de fa\u00e7on tr\u00e8s compl\u00e8te dans le (document) <em>jamabandi<\/em>. Si le possesseur d&rsquo;un tel bien d\u00e9sire faire un don \u00e0 un enfant ou \u00e0 un parent, il peut le faire apr\u00e8s avoir \u00e9tabli en son nom quelque chose dans le genre d&rsquo;un titre de donation entre vifs<em> mokarari<\/em> ( ce qui\u00a0 est assur\u00e9 ou \u00e9tabli \u00e0 titre <em>permanent<\/em>) sur une <em>partie des redevances<\/em> qu&rsquo;il collecte et sous n&rsquo;importe quelle forme (p.149). Tr\u00e8s souvent, le bien du donateur se limite \u00e0 un <em>droit sur une faible part de la rente<\/em>, etc. et alors\u00a0 que sa donation entre vivants [\u00e9tablie au nom de l&rsquo;enfant, etc.]\u00a0 consiste a transmettre une fraction\u00a0 de cette fraction de rente (pp.149-150). <em>Un tel propri\u00e9taire<\/em> peut \u00e9galement faire une donation de cette sorte <em>\u00e0 un \u00e9tranger en qualit\u00e9 de r\u00e9compense suppl\u00e9mentaire ou de prime<\/em>. Il peut faire exactement la m\u00eame chose dans le but de s&rsquo;assurer <em>sous la forme d&rsquo;une rente, une rentr\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re d&rsquo;argent<\/em> avec lequel il paiera sa propre <em>jama<\/em> apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre r\u00e9serv\u00e9 un droit de possession d&rsquo;apr\u00e8s la donation. Il peut aussi <em>en assurant le remboursement d&rsquo;un emprunt accord\u00e9<\/em>, attribuer temporairement au pr\u00e9teur, sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;une zar-i-peshgti ticca, <em>son droit de percevoir les redevances<\/em>. Dans ces cas-l\u00e0 ou dans des cas semblables,<em> le d\u00e9tenteur bengali des biens, le propri\u00e9taire, le zamindar<\/em> &#8211; quelle que soit sa d\u00e9nomination, est oblig\u00e9 de vendre sa part lorsqu&rsquo;il veut lever de l&rsquo;argent ou faire une donation ; s&rsquo;il ne vend pas sa part en totalit\u00e9, solution \u00e0 laquelle il ne recourt presque jamais, si il peut l&rsquo;\u00e9viter, &#8211; il est clair alors que dans chaque cas, il cr\u00e9e un <em>nouvel ensemble de droits de propri\u00e9t\u00e9<\/em> (p.150).<\/p>\n<p>Plus loin, ce qui concerne la\u00a0 <em>possession interm\u00e9diaire ou le droit sur la terre en qualit\u00e9 d&rsquo;objet de propri\u00e9t\u00e9 indivise<\/em>, par exemple <em>la part compl\u00e8te<\/em> des redevances per\u00e7ues sur la communaut\u00e9 rurale (<em>ou sur un nombre quelconque de communaut\u00e9s rurales<\/em>) sont\u00a0 = 16 annas (=1 roupie)\u00a0 ; maintenant si quelqu&rsquo;un poss\u00e8de des <em>fractions<\/em> de part, disons une part de\u00a0 9 1\/2 annas; cela peut se produire de <em>3 ou 4 mani\u00e8res diff\u00e9rentes<\/em>. Cela peut signifier : 1) que le d\u00e9tenteur de\u00a0 la\u00a0 possession a un <em>mokarari<\/em>, droit [permanent] sur les rentes et les redevances pr\u00e9lev\u00e9es sur une <em>certaine partie du territoire de la commune rurale<\/em>, <em>partie s\u00e9par\u00e9e du reste du territoire par des signes de d\u00e9marcation<\/em>; et qui repr\u00e9sente l&rsquo;ensemble <em>des 9 1\/2 : 16<\/em> ou bien que : 2) dans <em>certaines\u00a0 parties du territoire<\/em> qui entrent dans la\u00a0 donation, il a un <em>droit exclusif sur la rente<\/em> et dans les <em>autres parties<\/em>, il n&rsquo;a qu&rsquo;un droit sur des <em>fractions<\/em> (de la rente), en sorte qu&rsquo;il re\u00e7oit en somme <em>9 1\/2 annas des 16 annas<\/em> des revenus du territoire, etc. Il a le droit de pr\u00e9lever en\u00a0 majeure partie les redevances sur ce qui est de son ressort \u00e0 l&rsquo;aide de <em>ses fonctionnaires dans son propre kachahri;<\/em> cependant il est possible qu&rsquo;il n&rsquo;ait le droit\u00a0 de percevoir qu&rsquo;une <em>fraction de\u00a0 part des redevances pr\u00e9l\u00e9v\u00e9es<\/em> dans le <em>kachahri appartenant pour ainsi dire en commun<\/em> \u00e0 plusieurs d\u00e9tenteurs de parts (pp.151-152). Cependant le possesseur de ce <em>bien mokakakari\u00a0 qui repr\u00e9sente les 9 1\/2 annas<\/em> de la propri\u00e9t\u00e9\u00a0 est habituellement la famille indivise ou un groupe de personnes repr\u00e9sentant la famille indivise initiale : chaque membre de\u00a0 ce groupe <em>poss\u00e8de sa propre part de ce bien<\/em> et\u00a0 peut la <em>transmettre \u00e0 un acheteur<\/em> ind\u00e9pendamment des autres parts malgr\u00e9 son caract\u00e8re indivis. En outre, tr\u00e8s souvent, <em>chaque membre du groupe\u00a0<\/em> peut <em>insister pour que l&rsquo;on effectue\u00a0 un partage r\u00e9el de l&rsquo;objet<\/em> en jouissance entre lui et les d\u00e9tenteurs des parts.\u00a0 D\u00e9s que cela a lieu,\u00a0 il peut \u00e0 nouveau morceler sa part <em>en toute autonomie<\/em>, dans les proportions par exemple de 9 1\/2 annas; disons en 1\/6 de ce bien en jouissance; c&rsquo;est alors qu&rsquo;il doit payer une rente, ou jama de 1\/6 de 9 1\/2anna = 1 anna 7 peis, plus \u00e9lev\u00e9e <em>sur sa part de rente et de redevance suivant la surface qui recouvre le bien en jouissance<\/em>.\u00a0 Ainsi, la<em> mauzah<\/em> elle-m\u00eame, <em>unit\u00e9<\/em> de mesure par laquelle on calcule l&rsquo;\u00e9tendue du domaine du <em>zamindar<\/em>, est fr\u00e9quemment divis\u00e9e en petites parties; et par rapport \u00e0 un ryot\u00a0 pris en particulier <em>un collecteur de rente<\/em> <em>ayant la situation d&rsquo;un zamindar<\/em> peut \u00eatre et est souvent un personnage d\u00e9pourvu d&rsquo;importance. Par exemple, il se peut qu&rsquo;un ryot doive payer sa rente de <em>1 anna 7 peis<\/em> en totalit\u00e9 au <em>pativari<\/em> du propri\u00e9taire de la part ou lui verser <em>1 anna 7 peis des 16 annas\u00a0 de sa rente<\/em> et le reste aux autres propri\u00e9taires de part, \u00e0 chacun en\u00a0 particulier ou \u00e0 des propri\u00e9taires group\u00e9s; ou\u00a0 bien il doit payer<em> toute sa rente en totalit\u00e9 au kachahri commun<\/em> et c&rsquo;est alors que chaque propri\u00e9taire recevra sa portion lors du partage (pp. 153-154).<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me de sous-inf\u00e9odation et de subdivision des parts indivises auquel est inh\u00e9rent le droit de propri\u00e9t\u00e9 exclusive des biens <em>pr\u00e9vaut dans tout le Bengale<\/em> (p.154). Il en r\u00e9sulte\u00a0 une complexit\u00e9 sans pareille de la propri\u00e9t\u00e9 terrienne et personne n&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de la terre. Avec un tel syst\u00e8me, <em>les zamindars locaux<\/em> sont en grande partie petits propri\u00e9taires d&rsquo;une part de biens en d\u00e9pendance, leur situation est l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 celle des ryots\u00a0 ais\u00e9s (p.155).<\/p>\n<p>Les <em>terres de la communaut\u00e9 rurale<\/em> se divisent en deux groupes distincts : <em>les terres des ryots<\/em> [\u00e9tendue la plus importante du territoire de la communaut\u00e9 rurale, <em>les terres de la communaut\u00e9<\/em>] d&rsquo;une part, d&rsquo;autre part, les terres du zamindar [ le zamindar\u00a0 payant en derni\u00e8re instance l&rsquo;imp\u00f4t au gouvernement] <em>ziraat, khamar, nijjot\u00a0 ou terre sir<\/em> ( il existe \u00e9galement d&rsquo;autres termes) (p.155-156). Au\u00a0 Bengale une terre du premier groupe s&rsquo;appelle le plus souvent <em>\u00ab\u00a0jot\u00a0\u00bb<\/em>du ryot (p.156). Quand ce dernier lui donne \u00e0 nouveau en sous-affermage, son tenancier re\u00e7oit tout de lui et perd son bien avec lui lorsque celui-ci\u00a0 vient \u00e0 le perdre [par cons\u00e9quent, il ne re\u00e7oit jamais ce qu&rsquo;on appelle un bien en sous-affermage dans le sens propre du terme] (p.157). La jouissance effective de la m\u00eame terre durant une p\u00e9riode de 12 ann\u00e9es donne au ryot <em>de par la loi<\/em> <em>le droit de jouissance personnelle<\/em> et temporaire pour une rente juste et mod\u00e9r\u00e9e [ si il ne poss\u00e8de pas par ailleurs cette terre en vertu de la coutume]; la jouissance temporaire pour une dur\u00e9e de vingt ans \u00e0 un <em>taux unique de rente<\/em> donne habituellement le droit de jouissance \u00e0 ce taux. Au Bengale <em>un nombre tr\u00e8s important de ryots<\/em> a acquis de telle ou telle mani\u00e8re des <em>droits permanents sur la jouissance temporaire<\/em> de la terre qu&rsquo;ils travaillent, <em>mais le plus grand nombre d&rsquo;entre eux ne jouit que temporairement de la terre<\/em> en \u00e9change du versement coutumier de la rente et des imp\u00f4ts au <em>kachahri<\/em> du zamindar; g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 un <em>taux bien inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la rente que paient les fermiers en Angleterre<\/em>. En th\u00e9orie le zamindar peut exiger n&rsquo;importe quel taux et peut expulser le groupe de ryot qui n&rsquo;accepte pas ses conditions, cependant il agit rarement de la sorte (pp. 157-158). Le zamindar peut travailler pour son propre compte les terres <em>ziraat,\u00a0 nij-jot ou sir<\/em> ou y installer des cultivateurs sous <em>certaines conditions<\/em>; ils deviennent alors ses <em>tenanciers<\/em> et lui, leur <em>ma\u00eetre<\/em>, dans le sens habituel [et europ\u00e9en] de ce terme : le zamindar poss\u00e8de ici un droit de propri\u00e9t\u00e9 illimit\u00e9 sur la terre&#8230; sur leurs propres terres, les ryots pos\u00e8dent le <em>droit de jouissance<\/em> des terre (pp. 158-159). Dans certaines r\u00e9gions du Bengale, <em>les jots<\/em> ou part du<em> ryot<\/em> \u00e9taient prises sur <em>d&rsquo;importantes \u00e9tendues de jungle ou de terres incultes<\/em>. Elles \u00e9taient parfois donn\u00e9es en<em> jouissance permamente pour une faible rente<\/em> puis afferm\u00e9es \u00e0 des cultivateurs. Dans ces conditions, il est impossible de trouver une diff\u00e9rence entre le <em>jot-dar<\/em> et l&rsquo;interm\u00e9diaire fermier habituel (p. 159)<\/p>\n<p>PDF DE L&rsquo;ORIGINAL : <a href=\"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2019\/12\/MARX-PHEAR-1.pdf\">MARX-PHEAR<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En guise de compl\u00e9ment \u00e0 la traduction des notes sur Kovalevski publi\u00e9e dans le recueil, nous reproduisons ici une version remani\u00e9e de la traduction d&rsquo;un extrait des notes de Marx sur John Budd Phear Le village aryen en Inde et \u00e0 Ceylan publi\u00e9e dans le livre du Centre d&rsquo;\u00e9tudes et de recherches marxistes Sur les&#8230; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/notes-de-marx-sur-jean-phear\/#more-84\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":261,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[18],"tags":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84"}],"collection":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=84"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":280,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84\/revisions\/280"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/media\/261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=84"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=84"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/derniermarx\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=84"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}