{"id":443,"date":"2023-08-02T17:18:07","date_gmt":"2023-08-02T15:18:07","guid":{"rendered":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/?p=443"},"modified":"2023-08-13T16:56:27","modified_gmt":"2023-08-13T14:56:27","slug":"caste-et-classe-dans-la-litterature-academique-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/2023\/08\/02\/caste-et-classe-dans-la-litterature-academique-i\/","title":{"rendered":"Caste et classe dans la litt\u00e9rature acad\u00e9mique (I): deux recueils"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Par commodit\u00e9 nous ne traiterons que des livres et articles comprenant le tandem caste et classe dans leur titre<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Il existe un tr\u00e8s riche, quoique ancien, recueil d&rsquo;articles d&rsquo;universitaires fran\u00e7ais, anglo-saxons et indiens, d\u00e9sormais consultable en ligne, qui aborde la question : <a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/editionsehess\/24712\">Caste et classe en Asie du sud<\/a>, nous en proposons ici une rapide lecture. Il \u00e9tait dirig\u00e9 par le regrett\u00e9 Jacques Pouchepadass dont nous nous permettons d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 de reproduire un long extrait de la pr\u00e9sentation : <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u00ab Caste et classe en Asie du Sud \u00bb : cet intitul\u00e9 semble peut-\u00eatre annoncer quelque exercice d\u2019\u00e9cole aux termes classiquement balanc\u00e9s. Il s\u2019agit en fait de tout autre chose : ce titre est l\u2019\u00e9nonc\u00e9 d\u2019un probl\u00e8me bien vivant, qui agite et f\u00e9conde en profondeur actuellement les \u00e9tudes de sciences sociales dans le domaine indien. L\u2019objet du d\u00e9bat est tr\u00e8s vaste : c\u2019est toute l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019\u00e9volution sociale du monde indien \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne qui est en cause. Dans sa version la plus pol\u00e9mique, et \u00e0 coup s\u00fbr la plus st\u00e9rile, il tend parfois \u00e0 se r\u00e9duire \u00e0 une tr\u00e8s sch\u00e9matique alternative : \u00ab Caste ou classe en Asie du Sud ? \u00bb. Les auteurs du pr\u00e9sent recueil, qui ne cherchent pas d\u2019abord \u00e0 condamner mais \u00e0 comprendre, l\u2019abordent au contraire dans sa complexit\u00e9 v\u00e9ritable, tel qu\u2019ils l\u2019ont rencontr\u00e9 au fil de leurs travaux. Deux mots d\u2019histoire \u00e9claireront leur cheminement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des orientations les plus f\u00e9condes de la recherche en sciences sociales sur les pays du sous-continent indien est incontestablement depuis trente ans l\u2019\u00e9tude du syst\u00e8me des castes. \u00c0 l\u2019ethnographie descriptive de l\u2019\u00e9poque coloniale a succ\u00e9d\u00e9, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950, la vogue des monographies de village, conduites avec le souci proprement anthropologique d\u2019atteindre, \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude locale intensive, la logique interne de l\u2019ensemble social. L\u2019abondance des enqu\u00eates, la rigueur m\u00e9thodologique et la pr\u00e9cision conceptuelle croissantes, ont men\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019un corpus de donn\u00e9es d\u2019une ampleur exceptionnelle. L\u2019approche structurale et comparative de Louis Dumont, largement divulgu\u00e9e \u00e0 partir de 1966 par la publication de son Homo hierarchicus, a grandement stimul\u00e9 les d\u00e9bats th\u00e9oriques engendr\u00e9s par ces recherches. En posant pour pr\u00e9misse la sp\u00e9cificit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 hindoue des castes, dont le principe est une id\u00e9ologie hi\u00e9rarchique fond\u00e9e sur une opposition structurale entre le pur et l\u2019impur, c\u2019est-\u00e0-dire sur un certain mode social d\u2019acc\u00e8s au sacr\u00e9, la th\u00e9orie de Louis Dumont a pour ainsi dire catalys\u00e9 des divergences assur\u00e9ment latentes, mais jusqu\u2019alors moins explicites, dans un domaine o\u00f9 l\u2019approche empirique l\u2019emportait largement. Par son ampleur et sa coh\u00e9rence, elle contraignait les chercheurs de tous horizons \u00e0 un r\u00e9examen fructueux de leurs postulats et de leurs modes d\u2019investigation. Corr\u00e9lativement, elle \u00e9tait abondamment attaqu\u00e9e, et provoquait notamment des d\u00e9saccords sans ambages de la part de ceux de ses critiques pour qui la caste ne repr\u00e9sente qu\u2019un cas particulier dans la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de la stratification sociale, et qui voient dans l\u2019id\u00e9ologie hi\u00e9rarchique la rationalisation de rapports de domination ou d\u2019exploitation de fait.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est par un trajet inverse de celui de ces critiques que les chercheurs issus des autres sciences de la soci\u00e9t\u00e9, et particuli\u00e8rement de l\u2019\u00e9conomie politique, de la politologie et de l\u2019histoire sociale, sont amen\u00e9s \u00e0 la consid\u00e9ration de la caste. Int\u00e9ress\u00e9s en priorit\u00e9 par les relations \u00e9conomiques et les rapports de pouvoir, tant dans leur structure que dans leur \u00e9volution, ils abordent ces questions dans le domaine indien \u00e0 partir des postulats mat\u00e9rialistes propres \u00e0 leurs disciplines. Les sources disponibles, d\u2019origine gouvernementale pour l\u2019essentiel, permettent d\u2019isoler et d\u2019\u00e9tudier principalement trois types de groupes sociaux : cat\u00e9gories socioprofessionnelles (notamment d\u2019apr\u00e8s les recensements d\u00e9cennaux de la population active), cat\u00e9gories statistiques (ainsi les classes d\u2019exploitants agricoles d\u00e9finies par l\u2019\u00e9tendue de surface cultiv\u00e9e), cat\u00e9gories juridiques (classes d\u00e9finies par le r\u00e9gime l\u00e9gal de propri\u00e9t\u00e9 ou d\u2019occupation de la terre, ou par les modalit\u00e9s d\u2019emploi contractuel ou coutumier). En combinant ces donn\u00e9es globales et en \u00e9tudiant leurs variations dans le temps, il est possible de formuler certaines hypoth\u00e8ses sur la structure et l\u2019\u00e9volution des classes sociales et de la population active. Mais les chercheurs se heurtent \u00e0 de grandes difficult\u00e9s lorsqu\u2019ils s\u2019efforcent de discerner par ces moyens non plus des cat\u00e9gories formelles, mais des groupes signifiants, qui correspondent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 vivante aux yeux de l\u2019ensemble de la population consid\u00e9r\u00e9e, et dont l\u2019unit\u00e9 r\u00e9elle soit enracin\u00e9e dans une conscience de groupe. L\u2019historien, le politologue doivent pourtant parvenir \u00e0 isoler des ensembles de cette nature pour expliquer, par exemple, les ph\u00e9nom\u00e8nes de mobilisation politique. Les obstacles sont nombreux, particuli\u00e8rement dans l\u2019\u00e9tude du milieu rural, o\u00f9 l\u2019extr\u00eame imbrication des statuts juridiques et des relations de production fait qu\u2019un m\u00eame individu rel\u00e8ve g\u00e9n\u00e9ralement de la d\u00e9finition de plusieurs \u00ab classes \u00bb \u00e0 la fois, et que les limites entre ces classes sont souvent presque impossibles \u00e0 tracer. Il faut donc faire intervenir d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments d\u2019analyse : typologies internes aux \u00ab classes \u00bb abstraites (types de propri\u00e9taires, de tenanciers, d\u2019ouvriers propres \u00e0 chaque r\u00e9gion particuli\u00e8re), rapports traditionnels de domination et de d\u00e9pendance, r\u00f4le respectif de la coutume et du march\u00e9 dans les relations entre employeurs et main-d\u2019\u0153uvre, etc., tous \u00e9l\u00e9ments qui, \u00e0 des degr\u00e9s divers, mettent en jeu les repr\u00e9sentations, les valeurs, et donc, bien \u00e9videmment, la caste, sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 laquelle aucun \u00e9v\u00e9nement humain, dans le contexte indien, n\u2019est pleinement intelligible. Le concept de classe, dans ces conditions, n\u2019est plus op\u00e9ratoire que dans une acception tr\u00e8s l\u00e2che.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, m\u00eame quand ils reconnaissent la consid\u00e9ration de la caste comme essentielle pour la compr\u00e9hension du monde traditionnel, les sp\u00e9cialistes de l\u2019\u00e9conomie politique, de l\u2019histoire ou de la politologie traitent le plus souvent les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et politiques indiennes comme un domaine autonome, dans lequel l\u2019id\u00e9ologie joue le r\u00f4le d\u2019un facteur capital, mais qui n\u2019est pas pour autant fondamentalement conditionn\u00e9 ou englob\u00e9 par elle. De la grande masse de la litt\u00e9rature scientifique publi\u00e9e dans ce domaine \u00e0 ce jour se d\u00e9gage une sorte de consensus implicite en faveur de la dichotomie entre infrastructure et superstructure dans son acception classique. Cette tendance ne saurait surprendre dans des disciplines dont la vocation essentielle, en derni\u00e8re analyse, est la description et l\u2019explication du changement. Elle repr\u00e9sente assur\u00e9ment, pour qui cherche \u00e0 rendre compte de l\u2019\u00e9volution contemporaine de la soci\u00e9t\u00e9 indienne, l\u2019approche la plus souple. La question est de savoir si elle repr\u00e9sente aussi, par voie de cons\u00e9quence, l\u2019approche la plus superficielle.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment autour de l\u2019interpr\u00e9tation des changements modernes que le d\u00e9bat se noue v\u00e9ritablement. En dehors de la litt\u00e9rature \u00e0 proprement parler anthropologique, les consid\u00e9rations courantes sur les transformations sociales dont l\u2019Asie du Sud est le th\u00e9\u00e2tre depuis l\u2019\u00e9poque coloniale appliquent au sous-continent la grille d\u2019analyse conventionnelle des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles englob\u00e9es par le capitalisme mondial et plac\u00e9es sous l\u2019influence de l\u2019Occident. On rencontre alors un d\u00e9bat classique de la sociologie, qui consiste \u00e0 se demander s\u2019il est possible de trouver des classes sociales dans tout type de soci\u00e9t\u00e9. En termes marxisants, on parle couramment, \u00e0 propos des soci\u00e9t\u00e9s anciennement colonis\u00e9es, de \u00ab proto-classes \u00bb ou de classes \u00ab tendancielles \u00bb, formations h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes dont l\u2019accession \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, qui met un terme \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 anti-imp\u00e9rialiste, favorise l\u2019\u00e9closion, mais o\u00f9 subsistent des traits h\u00e9rit\u00e9s des stratifications ant\u00e9rieures. Ce type d\u2019analyse peut s\u2019appliquer \u00e0 l\u2019Inde, et l\u2019a \u00e9t\u00e9. Une copieuse litt\u00e9rature de sociologie historique, d\u2019origine essentiellement anglo-am\u00e9ricaine, a cherch\u00e9 \u00e0 tirer au jour depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es les bases sociales du mouvement nationaliste indien, et \u00e0 donner consistance, sous diverses appellations (\u00e9lites r\u00e9gionales, intelligentsia, classe moyenne), \u00e0 une cat\u00e9gorie sociale caract\u00e9ris\u00e9e, dans chaque grande r\u00e9gion, non seulement par l\u2019appartenance de caste de ses membres, mais par l\u2019\u00e9ducation, la profession, la nature sp\u00e9cifique des relations avec le pouvoir colonial, et parfois d\u00e9sign\u00e9e dans les langues indiennes par des vocables particuliers dont les connotations d\u00e9bordent le simple domaine de la caste (ainsi les bhadralok au Bengale). Dans le m\u00eame esprit, d\u2019autres recherches convergentes d\u2019historiens, de politologues et d\u2019\u00e9conomistes ont mis en \u00e9vidence plus r\u00e9cemment l\u2019ascension progressive depuis un si\u00e8cle, dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions indiennes, d\u2019une couche prosp\u00e8re et influente de la paysannerie, baptis\u00e9e elle aussi de d\u00e9nominations vari\u00e9es (classe moyenne rurale, \u00e9lite rurale, paysans riches, paysannerie dominante), dont l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et le poids politiques sont particuli\u00e8rement sensibles dans l\u2019Inde ind\u00e9pendante et dont l\u2019identit\u00e9 n\u2019est que partiellement fond\u00e9e sur le statut de caste.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces formations modernes aux contours encore incertains, qui pr\u00e9sentent certains des caract\u00e8res propres aux classes sociales, les politologues distinguent d\u2019autres formes de regroupement d\u2019essence conflictuelle, dont l\u2019originalit\u00e9 se fonde sur des distinctions li\u00e9es \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie, mais qui repr\u00e9sentent une d\u00e9naturation de celle-ci. Ainsi les castes d\u00e9favoris\u00e9es que les gouvernants de l\u2019Inde ind\u00e9pendante ont r\u00e9unies en cat\u00e9gories homog\u00e8nes destin\u00e9es \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019avantages sociaux particuliers (Scheduled Castes, Backward Castes), et qui se transforment en groupes de pression militants. Ainsi encore le mouvement \u00ab non-brahmane \u00bb, ou plus simplement les castes individuelles qui s\u2019alignent sur le jeu des partis dans l\u2019ar\u00e8ne \u00e9lectorale, et se transforment en groupements d\u2019int\u00e9r\u00eats. Ce mod\u00e8le d\u2019organisation sociale en unit\u00e9s qui combinent traits traditionnels et traits modernes, mais qui sont fondamentalement de nature concurrentielle, voire conflictuelle, comme le sont les classes sociales dans l\u2019univers occidental, est-il en passe de s\u2019imposer comme le mod\u00e8le dominant dans les soci\u00e9t\u00e9s du sous-continent ? En interpr\u00e9tant le devenir indien dans ces termes, on s\u2019expose au reproche de sociocentrisme, attitude qui consiste ici \u00e0 d\u00e9chiffrer l\u2019\u00e9volution r\u00e9cente de la soci\u00e9t\u00e9 indienne dans l\u2019optique de l\u2019id\u00e9ologie individualiste et \u00e9conomiciste qui pr\u00e9vaut en Occident, et l\u2019on fait bon march\u00e9 de la permanence jusqu\u2019ici manifeste, notamment dans les campagnes, de la vision hi\u00e9rarchique traditionnelle. Si on revient alors \u00e0 une perspective anthropologique, cette permanence de la caste au c\u0153ur des ph\u00e9nom\u00e8nes les plus contemporains, et cette multiplicit\u00e9 de conflits et de changements dans le monde de la caste, conduisent \u00e0 reconna\u00eetre un fait probablement trop n\u00e9glig\u00e9 jusqu\u2019ici, c\u2019est que la sociologie de la caste comme syst\u00e8me hi\u00e9rarchique ne sous-entend nullement qu\u2019un tel syst\u00e8me fonctionne n\u00e9cessairement sous le r\u00e9gime de l\u2019harmonie pr\u00e9\u00e9tablie, autant dire totalitaire. Ce que Louis Dumont a voulu d\u00e9crire et comprendre, c\u2019est une hi\u00e9rarchie de statuts, non une harmonie d\u2019int\u00e9r\u00eats. Cet ensemble de valeurs, d\u2019institutions et de pratiques d\u00e9finit un champ dans lequel les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats se d\u00e9veloppent librement et prennent sens. Un champ dans lequel les protagonistes des conflits se d\u00e9finissent concr\u00e8tement sur le mode segmentaire plut\u00f4t que sur le mode global et abstrait familier \u00e0 l\u2019Occident europ\u00e9en. Un champ dont on ne saurait dire a priori qu\u2019il exclut les changements, m\u00eame consid\u00e9rables. En tout \u00e9tat de cause, les transformations modernes de l\u2019\u00e9conomie, qui engendrent in\u00e9vitablement, en Inde comme ailleurs, de nouveaux types de conflits, fournissent l\u2019occasion de v\u00e9rifier dans les faits les caract\u00e8res et les limites de la plasticit\u00e9 inh\u00e9rente au syst\u00e8me des castes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce probl\u00e8me d\u2019interpr\u00e9tation fondamental qui, en janvier 1978, a incit\u00e9 une dizaine de chercheurs du Centre d\u2019\u00c9tudes de l\u2019Inde et de l\u2019Asie du Sud, venus d\u2019horizons divers (anthropologie sociale, \u00e9conomie, g\u00e9ographie, histoire, politologie), \u00e0 constituer une \u00e9quipe de recherche sur le th\u00e8me \u00ab Les classes sociales en Asie du Sud \u00bb, sous la responsabilit\u00e9 d\u2019Alice Thorner et de Jacques Pouchepadass, afin de confronter leurs questions et leurs observations. Le pr\u00e9sent volume repr\u00e9sente l\u2019aboutissement du travail de cette \u00e9quipe, bien que toutes les communications qu\u2019elle a entendues et discut\u00e9es n\u2019aient pas abouti \u00e0 des articles, et que quelques uns des textes rassembl\u00e9s ci-apr\u00e8s soient venus trop tard pour \u00eatre soumis au d\u00e9bat. L\u2019objectif de l\u2019\u00e9quipe n\u2019\u00e9tait pas de reprendre dans l\u2019abstrait un d\u00e9bat th\u00e9orique dont les termes \u00e9taient connus (on trouvera la liste des principaux ouvrages qui s\u2019y rapportent dans l\u2019\u00ab orientation bibliographique \u00bb qui cl\u00f4t ce volume). Il s\u2019agissait davantage de reposer le probl\u00e8me de fond \u00e0 la lumi\u00e8re de donn\u00e9es nouvelles, issues d\u2019enqu\u00eates de terrain ou de recherches d\u2019archives. En dehors des contributions d\u2019Alice Thorner et de Marc Gaborieau, dont il sera question plus loin, les articles qui composent ce recueil s\u2019articulent tous autour de l\u2019une ou l\u2019autre de deux grandes questions : la dynamique des groupes sociaux dans le contexte de l\u2019\u00e9volution \u00e9conomique moderne ;<br>les facteurs de mobilisation dans es conflits sociaux et dans la pratique de la d\u00e9mocratie. Les interrogations sous-jacentes \u00e0 ces deux rubriques concernent le destin de la caste en Asie du Sud \u00e0 l\u2019\u00e9poque r\u00e9cente, et le sens qu\u2019il faut attribuer aux faits de classe qui s\u2019y manifestent.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On notera que surprenamment, il n&rsquo;est jamais question des Dalits en tant que tels dans cette pr\u00e9sentation, les castes n&rsquo;\u00e9tant pas donc pas abord\u00e9es du point de vue de leur abolition possible et n\u00e9cessaire&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>Le recueil s&rsquo;ouvre sur le tr\u00e8s important article d&rsquo;Alice Thorner, \u00e9trangement non traduit, \u00ab\u00a0Semi-feodalism or capitalism: The contemporary debate on classes and modes of production in India\u00a0\u00bb, qui se penche de fa\u00e7on d\u00e9taill\u00e9e sur les d\u00e9bats marxistes indiens et que nous \u00e9voquerons dans les posts sur \u00ab\u00a0Le mode de production introuvable\u00a0\u00bb. Lui succ\u00e8de l&rsquo;article de Jacques Pouchepadass \u00ab\u00a0Les classes paysannes dans les mouvements agraires en Inde au XXe si\u00e8cle\u00a0\u00bb qui retrace l&rsquo;\u00e9volution des luttes paysannes sur le sous-continent. Jusqu&rsquo;au d\u00e9but des ann\u00e9es 50 constate Pouchepadass : \u00a0\u00bb Dans la majorit\u00e9 des cas, les mouvements se d\u00e9veloppent sur une base de collaboration de classes. Le r\u00f4le moteur appartenant alors presque toujours \u00e0 la couche sup\u00e9rieure de la paysannerie.\u00a0\u00bb Et ce jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;insurrection du Telengana qui marque l&rsquo;ouverture d&rsquo;un nouveau cycle de luttes post-coloniales. Celle-ci opposeront d\u00e9sormais le plus souvent le prol\u00e9tariat rural aux paysans riches que Pouchepadass d\u00e9finit ainsi : \u00a0\u00bb Il faut entendre par paysannerie dominante, l&rsquo;oligarchie des paysans ais\u00e9s et riches de caste respectable, propri\u00e9taires ou tenanciers, qui d\u00e9tient dans chaque village la plus grande partie des droits fonciers, et qui fournit au reste de la population villageoise l&rsquo;essentiel de ses opportunit\u00e9s d&#8217;emploi et une bonne partie de ses sources de cr\u00e9dit. Cette paysannerie dominante joue le r\u00f4le d&rsquo;interm\u00e9diaire entre la masse des villageois et l&rsquo;administration comme plus g\u00e9n\u00e9ralement avec le monde ext\u00e9rieur.\u00a0\u00bb Comme nous avons pu le voir dans les posts pr\u00e9c\u00e9dents, la migration vers d&rsquo;autres r\u00e9gions ou la ville a modifi\u00e9 ce paysage et contribu\u00e9 \u00e0 un durcissement du conflit notamment via la persistance des atrocit\u00e9s de caste. <\/p>\n\n\n\n<p>La relative mont\u00e9e en puissance des intouchables, du moins leur combativit\u00e9 nouvelle, est abord\u00e9e par Subrata K.&nbsp;Mitra dans \u00ab\u00a0Caste, class and conflict: organization and ideological change in an Orissa village\u00a0\u00bb, un \u00e9tude de cas de la trajectoire de la caste intouchable des P\u0101na sous l&rsquo;angle de la mobilisation sp\u00e9cifiquement politique. Mitra d\u00e9crit tout d&rsquo;abord comment le syst\u00e8me politique \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du Congr\u00e8s permettait de canaliser les conflits : \u00a0\u00bb Le mod\u00e8le du syst\u00e8me de parti dominant qui constituait la forme la plus accept\u00e9e de la politique indienne \u00e9tait bas\u00e9 avant tout sur la capacit\u00e9 du syst\u00e8me politique \u00e0 internaliser les d\u00e9fis lanc\u00e9s \u00e0 la stabilit\u00e9 du statu-quo \u00e0 travers un processus compliqu\u00e9 de n\u00e9gociation fractionnelle [\u00ab\u00a0factional bargaining\u00a0\u00bb].\u00a0\u00bb Avant que 75 et ses suites ouvrent une p\u00e9riode nouvelle : \u00ab\u00a0L&rsquo;instabilit\u00e9 politique des ann\u00e9es soixante, la d\u00e9cadence du \u00ab\u00a0syst\u00e8me du Congr\u00e8s\u00a0\u00bb et, finalement, le rejet brutal de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative pendant l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence de 1975-1977, certains des macro-indicateurs de la polarisation des conflits aux niveaux inf\u00e9rieurs du syst\u00e8me, ont s\u00e9rieusement remis en question ce que l&rsquo;on peut appeler la th\u00e8se de la \u00ab\u00a0continuit\u00e9\u00a0\u00bb. En m\u00eame temps, l&rsquo;identification m\u00e9canique des conflits entre castes et classes ne fait pas beaucoup avancer l&rsquo;argument non plus. Comme le d\u00e9bat stimulant mais non concluant sur les modes de production l&rsquo;a montr\u00e9 tr\u00e8s clairement, l&rsquo;existence de modes de production multiples donne une image plut\u00f4t compliqu\u00e9e et contradictoire, qui ne peut pas \u00eatre facilement pr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re sch\u00e9matique comme une lutte de classe r\u00e9volutionnaire entre les travailleurs et les propri\u00e9taires des moyens de production. L&rsquo;identification du conflit politique comme point central de l&rsquo;analyse conduit donc n\u00e9cessairement la discussion au niveau plus g\u00e9n\u00e9ral des paradigmes concurrents du processus social et de la soci\u00e9t\u00e9 indienne en particulier. En r\u00e9digeant cet article, j&rsquo;ai l&rsquo;intention de fournir une base empirique \u00e0 une discussion th\u00e9orique de cette nature. Dans le contexte de l&rsquo;\u00e9volution des normes politiques, des modalit\u00e9s d&rsquo;action collective et de la transformation de l&rsquo;environnement dans lequel elles s&rsquo;inscrivent, cet article pr\u00e9sente un compte rendu de l&rsquo;accession au pouvoir et de l&rsquo;importance politique des couches sociales inf\u00e9rieures dans un village du sud-est de l&rsquo;Inde. Le point important de cette exp\u00e9rience est que ce changement s&rsquo;est produit gr\u00e2ce \u00e0 la combinaison d&rsquo;efforts d&rsquo;organisation g\u00e9n\u00e9r\u00e9s en grande partie par les dirigeants des couches sociales inf\u00e9rieures et \u00e0 la structure des opportunit\u00e9s cr\u00e9\u00e9es par le processus \u00e9lectoral.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Henri Stern dans \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9dification d\u2019un secteur \u00e9conomique moderne : l\u2019exemple d\u2019une caste marchande du Rajasthan\u00a0\u00bb analyse quant \u00e0 lui la trajectoire des castes marchandes et en particulier celle des Marwari du Rajasthan . Il \u00e9voque ainsi les raisons de leur succ\u00e8s : \u00ab\u00a0(..) les anciennes institutions marchandes de ces castes (march\u00e9s, guildes), ainsi que leurs longues pratiques commerciales et bancaires, ont pu les pr\u00e9parer au r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant qu\u2019elles jouent dans l\u2019organisation et le fonctionnement des march\u00e9s concurrentiels de type moderne, tandis que l\u2019institution de la famille indivise, plus accentu\u00e9e chez elles encore que chez toutes les autres castes, les a mises en mesure d\u2019exercer les effets de monopole qui semblent n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019introduction et \u00e0 la ma\u00eetrise de l\u2019innovation sur les march\u00e9s concurrentiels.\u00a0\u00bb Elles semblent en bien des points remplir un r\u00f4le \u00e9quivalent \u00e0 la bourgeoisie europ\u00e9enne \u00e0 ses d\u00e9buts ( d\u00e9veloppement des villes, financement des guerres et du culte, etc) et connaissent une r\u00e9ussite que refl\u00e8te leur unit\u00e9 mais cette fois-ci sur un mode plus propre aux castes : \u00ab\u00a0le r\u00e9seau des liens de consanguinit\u00e9 et de mariage qui constitue concr\u00e8tement chacune de ces castes joue, aujourd\u2019hui, un r\u00f4le consid\u00e9rable dans l\u2019organisation financi\u00e8re, industrielle et commerciale du Rajasthan et de l\u2019ensemble de l\u2019Inde. <\/p>\n\n\n\n<p>En suivant le r\u00e9seau de ces liens, maintenus tr\u00e8s vivants, entre les familles install\u00e9es dans les grands centres \u00e9conomiques du pays et celles qui sont rest\u00e9es dans les villes, bourgs et villages du Rajasthan, on voit s\u2019articuler les diff\u00e9rents niveaux du syst\u00e8me industriel indien, de l\u2019\u00e9chelon national \u00e0 l\u2019\u00e9chelon r\u00e9gional et local : les familles les plus puissantes, qui contr\u00f4lent les grands groupes, v\u00e9ritables multinationales, en holdings financi\u00e8res, font g\u00e9rer la production par les parents et alli\u00e9s qu\u2019ils placent syst\u00e9matiquement aux postes de responsabilit\u00e9 (non sans qu\u2019ils aient re\u00e7u une formation g\u00e9n\u00e9rale et sp\u00e9cialis\u00e9e appropri\u00e9e) ; elles organisent la distribution des produits par des relations contractuelles d\u2019exclusivit\u00e9 \u00e9tablies avec des familles qui, souvent, leur ont donn\u00e9 des filles en mariage et qui op\u00e8rent dans les bourses de commerce et les grands march\u00e9s nationaux, les agences r\u00e9gionales (gros) et le commerce local (demi-gros et d\u00e9tail) ; et dans ce r\u00e9seau de distribution commerciale, c\u2019est souvent la branche a\u00een\u00e9e d\u2019une lign\u00e9e qui confie la responsabilit\u00e9 \u2013 et les b\u00e9n\u00e9fices \u2013 de l\u2019\u00e9chelon inf\u00e9rieur \u00e0 une lign\u00e9e cadette, sur le mod\u00e8le du seigneur rajput (\u1e6dh\u0101kur) qui confiait la gestion de ses terres \u00e0 un k\u0101md\u0101r (\u00ab celui qui fait le travail \u00bb), souvent de caste marchande, d\u2019ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le long de cette cha\u00eene, et de haut en bas, circule et se diffuse la puissance \u00e9conomique tandis que, de bas en haut, \u00e0 travers les liens de consanguinit\u00e9 et de mariage, circulent des valeurs traditionnelles qui assurent la coh\u00e9sion de ces groupes, r\u00e9seaux et castes, ainsi que, par la m\u00eame occasion, celle du secteur industriel priv\u00e9 de l\u2019Inde. Inversement, et du point de vue des valeurs modernes, les familles rest\u00e9es au Rajasthan retirent un surcro\u00eet de prestige et d\u2019influence de leur association aux puissantes familles install\u00e9es dans les grands centres \u00e9conomiques, tandis que celles-ci trouvent en elles une assise solide et en profondeur, indispensable \u00e0 leur puissance et \u00e0 leur p\u00e9rennit\u00e9.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve donc la fameuse plasticit\u00e9 de la caste qui am\u00e8ne Stern \u00e0 conclure : \u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 de castes peut s&rsquo;adapter \u00e0 la modernisation \u00e9conomique sans changer radicalement de nature.\u00a0\u00bb On remarquera toutefois que l&rsquo;hyper-endogamie ( \u00ab\u00a0la consaguinit\u00e9\u00a0\u00bb) \u00e9voqu\u00e9e plus haut peut aussi finalement se retourner contre ses adeptes comme le montre le <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2021\/10\/03\/world\/asia\/india-parsi.html\">d\u00e9clin d\u00e9mographique acc\u00e9l\u00e9r\u00e9<\/a> actuel d&rsquo;une autre caste marchande, celle des Parsis. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans la foul\u00e9e de cette analyse Claude Markovits s&rsquo;interroge \u00ab\u00a0Peut-on parler d\u2019une classe capitaliste indienne ?\u00a0\u00bb. Dans cet important article, il retrace le parcours des grands capitalistes indiens depuis l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9-coloniale o\u00f9 les grands banquiers qui finan\u00e7aient le commerce int\u00e9rieur et le commerce lointain, deviennent ensuite les interm\u00e9diaires des grandes compagnies occidentales tout en restant divis\u00e9s et rivaux. Lorsque la colonisation devient directe l&rsquo;effet est pour le moins d\u00e9vastateur :\u00a0\u00bb les grands marchands banquiers ont perdu successivement toutes leurs fonctions de banquiers de l&rsquo;\u00c9tat, de changeur d&rsquo;argent et de collecteurs de revenus et se sont trouv\u00e9s confront\u00e9s \u00e0 la concurrence des nouvelles banques de type europ\u00e9en.\u00a0\u00bb Une seconde phase de la colonisation apr\u00e8s 1860 leur permet de commencer \u00e0 investir dans l&rsquo;industrie mais \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00ab\u00a0les capitalistes indiens \u00e9taient encore loin de constituer une classe unifi\u00e9e ou en voie d&rsquo;unification.\u00a0\u00bb Or le d\u00e9veloppement massif du service public en provoquant \u00ab\u00a0un resserrement de l&rsquo;\u00e9ventail des activit\u00e9s ouvertes au grand capital\u00a0\u00bb va aboutir \u00e0 \u00ab\u00a0une homog\u00e9n\u00e9isation des int\u00e9r\u00eats\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9mergent alors deux grands secteurs, l&rsquo;un plus industriel et plus planificateur incarn\u00e9 par Tata et l&rsquo;autre plus sp\u00e9cifiquement marchand qui privil\u00e9gie \u00a0\u00bb la recherche de profits rapides, souvent de nature sp\u00e9culative, avec une r\u00e9ticence pour les investissements de long terme, une faible attention d\u00e9volue aux aspects technologiques et \u00e0 la qualit\u00e9\u00a0\u00bb. Ces grands capitalistes construisent leurs groupes autour de la famille et dans ce cadre les rapports de caste \u00e9voluent : \u00a0\u00bb Tout se passe comme si la caste devenait de plus en plus une association d&rsquo;entraide \u00e9conomique ; on aurait donc une certaine substantialisation de la caste, un affaiblissement de son aspect structurel.\u00a0\u00bb Alors que dans le m\u00eame temps aucun parti politique ne vient incarner ses int\u00e9r\u00eats, les grands capitalistes pr\u00e9f\u00e9rant composer avec le Congr\u00e8s : \u00ab\u00a0Une fraction dominante du grand capital indien \u00e9tait consciente de la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre secteur priv\u00e9 et public ( le dernier lui fournissant au premier les produits \u00e0 bas co\u00fbts et lui \u00e9pargnant d&rsquo;avoir \u00e0 investir dans l&rsquo;industrie lourde dont la rentabilit\u00e9 \u00e0 court terme est faible).\u00a0\u00bb Mais d\u00e9s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de peser sur la bureaucratie du r\u00e9gime congressiste \u00ab\u00a0le grand capital repr\u00e9sente le groupe d&rsquo;int\u00e9r\u00eats le plus structur\u00e9 du pays.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Le principal probl\u00e8me de ce passionnant recueil c&rsquo;est qu&rsquo;il date de 1982, ce que manifeste la suite des d\u00e9veloppements de Markovits qui pr\u00e9dit une fusion des \u00e9lites militaires, bureaucratiques et des affaires et conclut \u00ab\u00a0La plupart des grands capitalistes trouvent leur compte au maintien de l&rsquo;Inde dans une certaine stagnation qui leur permet, gr\u00e2ce \u00e0 la persistance dans les campagnes des rapports sociaux de type traditionnel, de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une main d&rsquo;oeuvre bon march\u00e9 et relativement docile et de d\u00e9gager des taux de profit particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9s, qu&rsquo;une modernisation radicale du pays r\u00e9duirait n\u00e9cessairement.\u00a0\u00bb Analyse classique et un peu courte,  la classe capitaliste indienne, certes tend comme partout \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.livemint.com\/Opinion\/NfHbOF2V2gwj3gDZGTUbvJ\/The-rise-of-Indian-oligarchs.html\">l&rsquo;oligarchie<\/a>, est en pleine <a href=\"https:\/\/www.ft.com\/content\/474706d6-1243-4f1e-b365-891d4c5d528b\">collusion avec le pouvoir<\/a> et s&rsquo;appuie sur une certaine stagnation des rapports sociaux dans les campagnes qui alimente les migrations mais s&rsquo;av\u00e8re \u00e9galement capable d&rsquo;initier un v\u00e9ritable d\u00e9veloppement endog\u00e8ne et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;Inde \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie globale&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du spectre social et dans un article que nous avons d\u00e9j\u00e0 eu l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9voquer, Gerard Heuz\u00e9 s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 \u00ab\u00a0L&rsquo;unit\u00e9 et la pluralit\u00e9 du monde ouvrier\u00a0\u00bb. Si nous ne reviendrons pas sur son panorama de l&rsquo;\u00e9volution des rapports d&rsquo;exploitation ( voir notre post sur le mouvement ouvrier), il est int\u00e9ressant de reproduire les d\u00e9veloppements qu&rsquo;il donne sur la conscience ouvri\u00e8re. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 religieuse (les principales religions sont l\u2019hindouisme, l\u2019islam, le sikhisme et le christianisme) est v\u00e9cue par chaque ouvrier avec une telle intensit\u00e9 qu\u2019une th\u00e9orie indienne a pr\u00e9sent\u00e9 la conscience \u00ab communale \u00bb comme l\u2019\u00e9quivalent indien de la conscience de classe (la conscience de caste rempla\u00e7ant la conscience prol\u00e9tarienne, et la conscience cat\u00e9gorielle tenant lieu de conscience salariale). Il est de fait que l\u2019habitat ouvrier, surtout dans le Nord (comme \u00e0 Jamshedpur), est de plus en plus structur\u00e9 en fonction des communaut\u00e9s religieuses. Et le martyrologe ouvrier est beaucoup plus li\u00e9 aux conflits religieux qu\u2019\u00e0 la lutte des classes.\u00a0\u00bb Et de l&rsquo;autre : \u00ab\u00a0Les directions syndicales, dans la plupart des cas, ne sont pas issues du monde ouvrier, mais de la classe intellectuelle politis\u00e9e. Seuls les gens instruits, en effet, y occupent des positions importantes. Ces dirigeants, tout comme les membres de la classe politique indienne, sont en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale de caste \u00e9lev\u00e9e.\u00a0\u00bb Et de l\u00e0 d\u00e9coule une s\u00e9paration nette entre culture et monde ouvrier : \u00ab\u00a0Ce sont actuellement les leaders qui constituent les relais de la conscience ouvri\u00e8re. Il n\u2019est pas dans leur nature de diffuser la \u00ab m\u00e9moire de classe \u00bb, mais plut\u00f4t de la capitaliser, puisque c\u2019est l\u00e0 une des bases de leur pouvoir. Certains, outre leurs connaissances \u00e9tendues en droit du travail, sont de v\u00e9ritables \u00e9rudits en mati\u00e8re d\u2019histoire ouvri\u00e8re. S\u2019il existe une conscience de classe ouvri\u00e8re, elle est donc en grande partie ext\u00e9rieure \u00e0 la classe ouvri\u00e8re elle-m\u00eame.\u00a0\u00bb Il est peu probable que les choses aient beaucoup progress\u00e9 depuis : on sait combien tout est fait par le pouvoir actuel et ses relais pour alimenter la \u00ab\u00a0conscience communale\u00a0\u00bb des pauvres du sous-continent avec des cons\u00e9quences <a href=\"https:\/\/www.thehindu.com\/opinion\/op-ed\/anatomy-of-a-riot\/article67175783.ece\">presque chaque jour <\/a>plus catastrophiques, le d\u00e9clin des vieilles organisations et syndicats communistes ayant par ailleurs \u00e9t\u00e9 acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;essor des syndicats de caste&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la question des classes, l&rsquo;article \u00ab\u00a0Les rapports de classe dans l\u2019id\u00e9ologie officielle du N\u00e9pal\u00a0\u00bb de Marc Gaborieu donne un \u00e9clairage cocasse de l&rsquo;id\u00e9ologie du temps de la monarchie ( abolie en 2008 suite \u00e0 une longue insurrection mao\u00efste). Celle ci niait \u00a0\u00bb que les classes soient n\u00e9cessairement en conflit, et \u00e0 plus forte raison que la lutte des classes soit le moteur du progr\u00e8s. Tout cela se r\u00e9sume dans les slogans officiels du type : \u00ab\u00a0le d\u00e9veloppement sans lutte des classes\u00a0\u00bb ou m\u00eame \u00ab\u00a0la r\u00e9volution sociale sans lutte des classes.\u00a0\u00bb Bref \u00ab\u00a0l&rsquo;id\u00e9ologie officielle accepte les pr\u00e9misses de la th\u00e9orie marxiste comme le parti du Congr\u00e8s n\u00e9palais l&rsquo;avait fait avant lui : mais c&rsquo;est pour mieux en conjurer les cons\u00e9quences sociales et politiques.\u00a0\u00bb Ce qui n&rsquo;aura pas suffit comme le montre le folklore \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb actuel au N\u00e9pal (sociaux d\u00e9mocrates maquill\u00e9s en marxistes l\u00e9ninistes, mao\u00efstes variante prachanda, mao\u00efstes invariants, etc !) <\/p>\n\n\n\n<p>Quoique un peu dat\u00e9, ce recueil constitue une r\u00e9f\u00e9rence incontournable sur la question caste-classe et t\u00e9moigne de la vitalit\u00e9 pass\u00e9e et pr\u00e9sente de la recherche sur l&rsquo;Inde en france. <\/p>\n\n\n\n<p>Second recueil cette fois-ci en anglais <em><a href=\"https:\/\/books.google.fr\/books\/about\/Class_Caste_Gender.html?id=msyGAwAAQBAJ&amp;redir_esc=y\">Class, Caste, Gender<\/a><\/em>, \u00e9dit\u00e9 par Manoranjan Mohanty, pr\u00e9sente plusieurs textes de figures historiques ( Ambedkar) ou c\u00e9l\u00e8bres ( Amartya Sen, Jean Dr\u00e8ze, M.N Srinivas) et des contributions int\u00e9ressantes sur des th\u00e8mes voisins au recueil fran\u00e7ais dont il s&rsquo;av\u00e8re finalement assez compl\u00e9mentaire. Ainsi \u00ab\u00a0The Political Economy of the Economic Reform<br>Strategy: The Role of the Indian Capitalist Class\u00a0\u00bb de Prabhat Patnaik et alii constitue un bonne suite \u00e0 l&rsquo;article de Markovits dans <em>Caste et classe en Asie du Sud<\/em> puisqu&rsquo;il s&rsquo;int\u00e9resse au r\u00f4le de la classe capitaliste dans la fameuse lib\u00e9ralisation qui s&rsquo;amorce \u00e0 partir des ann\u00e9es 80 et se d\u00e9ploie surtout au d\u00e9but des ann\u00e9es 90. Patnaik et ses coauteurs croient d\u00e9celer un \u00a0\u00bb schisme dans les rangs du capital indien\u00a0\u00bb lors de l&rsquo;adaptation de ces trains de mesure, avec d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 les partisans de l&rsquo;ouverture \u00e9conomique et de la restructuration et ceux qui restent plus circonspects. Dans ce cadre, les auteurs soulignent tr\u00e8s justement le r\u00f4le d\u00e9cisif pour faire pencher la balance des non-r\u00e9sidents principalement am\u00e9ricains, une diaspora riche et droiti\u00e8re ( et tout aussi <a href=\"https:\/\/thewire.in\/caste\/cisco-caste-discrimination-usa\">gangr\u00e9n\u00e9e par les castes<\/a>). Dans le m\u00eame temps, cette lib\u00e9ralisation s&rsquo;accompagne d&rsquo;une plus grande informalisation encore du travail et d&rsquo;une mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s, que les auteurs articulent \u00e0 la progression de l&rsquo;autoritarisme et des conflits inter-r\u00e9gionaux\/ethniques et de caste. <\/p>\n\n\n\n<p>Sur cette question du travail l&rsquo;article \u00ab\u00a0The Working Class Movement in India : Trade Unions and the State\u00a0\u00bb de Sharit K. Bhowmik repr\u00e9sente un compl\u00e9ment int\u00e9ressant au texte de Heuz\u00e9 dans le recueil fran\u00e7ais. Bhowmik donne une synth\u00e8se historique utile sur l&rsquo;histoire du syndicalisme indien et son implosion progressive en une myriade d&rsquo;organisations, le plus souvent des appendices de partis politiques, ce qui rappelle-t-il est aussi une cons\u00e9quence paradoxale du Trade Union Act de 1926 toujours en vigueur qui en garantissant la reconnaissance des syndicats dans l&rsquo;entreprise en incite en fait plus d&rsquo;un \u00e0 cr\u00e9er des coquilles vides pour s&rsquo;assurer sin\u00e9cures ou pr\u00e9bendes. Bhowmik, si il n&rsquo;aborde pas la question des syndicats de caste, signale par contre la cr\u00e9ation de plusieurs \u00ab\u00a0syndicats ind\u00e9pendants\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Dans la plupart des cas, ils sont apparus comme des alternatives aux f\u00e9d\u00e9rations syndicales existantes. Les travailleurs concern\u00e9s ont essay\u00e9 de trouver des alternatives pour am\u00e9liorer conditions de n\u00e9gociation avec leurs employeurs. Ces syndicats mettent donc en \u00e9vidence la faiblesse des f\u00e9d\u00e9rations syndicales traditionnelles. La principale caract\u00e9ristique de ces syndicats est qu&rsquo;ils sont g\u00e9n\u00e9ralement centr\u00e9s autour d&rsquo;un leader. Cela peut cr\u00e9er des probl\u00e8mes par la suite, car les politiques du syndicat sont d\u00e9termin\u00e9es par le leader.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la situation dans les campagnes, l&rsquo;article \u00ab\u00a0Caste and Agrarian Class: A View from Bihar\u00a0\u00bbde Anand Chakravarti est une suite utile \u00e0 ceux de Thorner et Pouchepadass. D&rsquo;ailleurs Chakravarti se r\u00e9clame d&rsquo;un autre auteur fran\u00e7ais, Maurice Godelier : \u00ab\u00a0En adoptant une large perspective comparative, il est possible de montrer, comme l&rsquo;a fait Godelier, que dans les soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de diff\u00e9renciation bien<br>\u00e9tablie entre diverses institutions, la m\u00eame institution, comme la parent\u00e9 ou la religion, pouvait fonctionner \u00e0 la fois comme infrastructure et comme superstructure : comme infrastructure parce que l&rsquo;institution en question a une fonction mat\u00e9rielle en ordonnant les rapports de production ; et en tant que superstructure parce qu&rsquo;elle remplit une fonction ostensiblement non mat\u00e9rielle. Godelier attire \u00e9galement l&rsquo;attention sur le fait fondamental que ce n&rsquo;est que dans les soci\u00e9t\u00e9s modernes, et en particulier dans la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, que la \u00ab\u00a0distinction des fonctions se trouve co\u00efncider avec une distinction des institutions. : [ainsi] l&rsquo;\u00e9conomie, la politique,  la religion, la parent\u00e9, l&rsquo;art, etc. [sont s\u00e9par\u00e9es] en autant d&rsquo;institutions distinctes\u00a0\u00bb (ibid.). On pourrait donc dire qque dans un milieu social relativement indiff\u00e9renci\u00e9, la caste est susceptible de fonctionner \u00e0 la fois comme une superstructure et comme une infrastructure. Ainsi, la fonction de la caste ne se limiterait pas \u00e0 structurer seulement les relations entre le pur et l&rsquo;impur sur le plan religieux. La caste remplirait \u00e9galement certaines fonctions \u00e9conomiques cruciales en d\u00e9terminant l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la terre (le principal moyen de production), le contr\u00f4le sur le processus de travail et la forme d&rsquo;exploitation (ou la mani\u00e8re dont le surplus est extorqu\u00e9 aux producteurs directs).\u00a0\u00bb [nous reviendrons sur les th\u00e8ses de Godelier dans le volet \u00a0\u00bb Classe et caste\u00a0\u00bb de ce site]<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui donne, appliqu\u00e9 dans une \u00e9tude de cas, cette description d&rsquo;une caste dominante du Bihar, les buhmihar :\u00a0\u00bb Les maliks buhmihar disposent de 3 formes de pouvoirs dans la communaut\u00e9 interd\u00e9pendants voire se superposant,une cons\u00e9quence du m\u00e9lange de la domination de classe et de caste : un pouvoir social, \u00e9conomique et coercitif. Ces \u00e9l\u00e9ments de pouvoir forment tous ensemble ce qu&rsquo;on peut appeler une \u00ab\u00a0culture d&rsquo;exploitation\u00a0\u00bb : le complexe de normes d\u00e9fendus par les maliks buhmihar et qui gouvernent le rapport entre eux et la population subordonn\u00e9e. Le terme de pouvoir social est utilis\u00e9 pour d\u00e9finir la capacit\u00e9 des maliks pour faire passer leurs int\u00e9r\u00eats pour ceux de toute la communaut\u00e9, ces int\u00e9r\u00eats \u00e9tant \u00e0 la fois mat\u00e9riels &#8211; comme le contr\u00f4le sur les travailleurs qu&rsquo;ils emploient- et non mat\u00e9riels &#8211; comme de maintenir l&rsquo;honneur de la caste, qui \u00e9tait inextricablement li\u00e9e \u00e0 la perp\u00e9tuation de la dominance des buhmihar sur la communaut\u00e9.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Sur la question de la remobilisation et de la combativit\u00e9 nouvelle des dalits, le texte de l&rsquo;activiste et \u00e9crivain <a href=\"https:\/\/navayana.org\/authors\/2010\/01\/01\/kancha-ilaiah\/?v=11aedd0e4327\">Kancha Ilaiah<\/a> \u00ab\u00a0Caste or Class or Caste\u2013Class: A Study in Dalitbahujan Consciousness and Struggles in Andhra Pradesh in 1980\u00a0\u00bb constitue un tr\u00e8s vivant portrait, par un de ses acteurs, de ce renouveau et des d\u00e9bats qui l&rsquo;ont accompagn\u00e9 en Andra Pradesh (et que nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 dans le post sur le naxalisme). Ce que Ilaiah appelle une \u00ab\u00a0dalitisation\u00a0\u00bb du mouvement, avec le d\u00e9veloppement d&rsquo;organisations autonomes, la recherche d&rsquo;une nouvelle synth\u00e8se entre ambedkarisme et marxisme et la collaboration et les conflits avec les naxalites permettant d&rsquo;aborder des questions autrefois tabous et pourtant centrales, ainsi les viols : \u00ab\u00a0On consid\u00e9rait que les femmes des castes inf\u00e9rieures avaient une faible moralit\u00e9 sexuelle. En fait, cette croyance s&rsquo;est maintenue jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les f\u00e9ministes marxistes bas\u00e9es \u00e0 Andhra ont politis\u00e9 la question de la sexualit\u00e9  et affirm\u00e9 que l&rsquo;immoralit\u00e9 sexuelle \u00e9tait le fait des hommes. Elles ont aussi d\u00e9clar\u00e9 que m\u00eame les leaders communistes en arrivaient \u00e0 la conclusion que beaucoup de femmes des basses castes \u00e9taient de moeurs l\u00e9g\u00e8res et invitaient les hommes de hautes castes pour se faire entretenir. Bien s\u00fbr ils condamnaient les viols mais sans aucune col\u00e8re. La distinction entre  viol et gardiennage a \u00e9t\u00e9 flout\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9finir tout viol comme faisant parti du gardiennage. Cela a permis \u00e0 de nombreux activistes dalitbahujan de se rendre compte que le mat\u00e9rialisme marxiste ne s&rsquo;enfon\u00e7ait pas assez profond\u00e9ment \u00e0 travers les couches de caste de la conscience communiste.\u00a0\u00bb Sur cet enjeu, sur laquelle nous reviendrons dans le troisi\u00e8me et dernier post de cette s\u00e9rie, l&rsquo;article du recueil \u00ab\u00a0Conceptualizing Brahmanical Patriarchy in Early India: Gender, Caste, Class and State\u00a0\u00bb de Uma Chakravarti constitue une bonne introduction historique. <\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;issue de ce rapide survol, si la vari\u00e9t\u00e9 et la qualit\u00e9 de beaucoup des contributions au deux recueils est ind\u00e9niable, on peut tout de m\u00eame s&rsquo;interroger, comme souvent avec ce type d&rsquo;objets universitaires, sur l&rsquo;absence d&rsquo;un v\u00e9ritable cadre th\u00e9orique et singuli\u00e8rement concernant le rapport entre caste et classe \u00e0 l&rsquo;\u00e8re contemporaine. C&rsquo;est l&rsquo;enjeu que nous aborderons dans le prochain post&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p><br>.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par commodit\u00e9 nous ne traiterons que des livres et articles comprenant le tandem caste et classe dans leur titre. Il existe un tr\u00e8s riche, quoique ancien, recueil d&rsquo;articles d&rsquo;universitaires fran\u00e7ais, anglo-saxons et indiens, d\u00e9sormais consultable en ligne, qui aborde la question : Caste et classe en Asie du sud, nous en proposons ici une rapide&#8230; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/2023\/08\/02\/caste-et-classe-dans-la-litterature-academique-i\/#more-443\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":456,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[20],"tags":[],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/443"}],"collection":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=443"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/443\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":469,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/443\/revisions\/469"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/media\/456"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=443"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=443"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/editionsasymetrie.org\/casteetclasse\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=443"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}